célebration du tyrentenaire de la chorale saint paul junior du 20 au 25 décembre 2011

Créé par le 05 déc 2011 | Dans : Non classé

 

 

Fête sont trentenaire

 

Thème : «Noël espérance, nouvelle de paix et d’unité en Afrique »

Vous êtes invités

Ce 22 décembre

2011 à 18H30

  A un concert de musique religieuse

A LA PAROISSE ST CHARLES LWANGA

(Sis à 150m de la boulangerie de la paix Bépanda)                                                                              

    « Le fils de l’homme vient chercher et sauver ce qui était perdu » Luc 19. 10                                                                            

    Nous réservons pour vous des surprises

     La ponctualité étant la politesse des nobles, soyez ponctuel

 

                                                                                                                                  

 

                                                                                                                                  

Carême 2010

Créé par le 24 fév 2010 | Dans : De la spiritualité

CAREME 2010: La justice de Dieu s’est manifestée moyennant la foi au Christ (Rm 3, 21-22)

17022010

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MESSAGE DE SA SAINTETÉ  BENOÎT XVI POUR LE CARÊME 2010

 Chers frères et sœurs,

Chaque année, à l’occasion du carême, l’Église nous invite à une révision de vie sincère à la lumière des enseignements évangéliques. Cette année j’aimerais vous proposer quelques réflexions sur un vaste sujet, celui de la justice, à partir de l’affirmation de saint Paul : «La justice de Dieu s’est manifestée moyennant la foi au Christ. » (Rm 3, 21-22)Lire la suite


MESSAGE FINAL DU 2e SYNODE POUR L’AFRIQUE (2009)

24102009

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   INTRODUCTION1.Que le Serviteur de Dieu le Pape Jean-Paul II, au soir de sa vie, le 13 novembre 2004, ait annoncé son intention de convoquer une deuxième Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Evêques, cela doit être considéré comme une grâce spéciale, comme une dernière volonté et un testament, l’endroit de l’Afrique. En effet, c’est la même intention que notre Saint-Père, le Pape Benoît XVI, son successeur, a reconduite le 22 juin 2005 dans l’une des premières grandes décisions de son pontificat. Rassemblés ici pour le Synode de l’Église universelle, venant de tous les pays de l’Afrique, de Madagascar et ces Îles adjacentes, avec nos confrères et collègues évêques des autres Continents, et avec une délégation d’autres traditions chrétiennes, sous l’autorité du Chef du Collège Épiscopal et avec lui, nous rendons grâce Dieu pour cette occasion providentielle qu’il nous donne de célébrer les bienfaits du Seigneur sur notre Continent, d’évaluer notre responsabilité de Pasteurs des brebis et de rechercher une inspiration nouvelle et un souffle nouveau, face aux tâches et défis futurs qui nous attendent. Voici déjà quinze ans qu’a eu lieu la Première Assemblée de 1994.Lire la suite… »


Carême 2009

Créé par le 30 mar 2009 | Dans : POUR VOTRE INFOF

CAREME 2009: LA PENITENCE DU JEUNE

11032009

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Le jeûne… et la priére

25 septembre 2001, Medjugorge: “Chers enfants, aujourd’hui encore je vous appelle à la prière, particulièrement aujourd’hui où Satan veut la guerre et la haine. Je vous appelle à nouveau, petits enfants: Priez et jeûnez, afin que Dieu vous donne la paix ! Témoignez de la paix à chaque coeur et soyez porteurs de paix dans ce monde sans paix. Je suis avec vous et j’intercède devant Dieu pour chacun de vous. Et vous-mêmes, n’ayez pas peur, car celui qui prie n’a pas peur du mal et n’a pas de haine dans son coeur. Merci d’avoir répondu à mon appel.”

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CAREME 2009: TEMPS DE RECONCILIATION

11032009

Temps de CAREME, temps de conversion et de reconciliation. Une bonne confession fait du bien. Lire la suite… »

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La spiritualité à la C.S.PJ

Créé par le 18 fév 2009 | Dans : De la spiritualité

            La Spiritualité quid?

 

La spiritualité à la C.S.PJ dans De la spiritualitéLa spiritualité est avant tout, tout ce qui a pour obje la vie spirituelle. C’est ainsi qu’elle va constituer la caractéristique essentielle de tout chrétien engagé.

Il  n’en sera pas du reste dans les eglises, même que les communautés réligieuses.Dans ces dernières, la spirirtalité est illustrée en plate forme au sein de ses mouvements( regroupement des chrétiens en vue d’être toujours attachés à leur vocation, mais surtout d’approfondir leur foi).

Toute fois, la C.S.P.J  en est un des mouvements de jeunes chrétiens, dont le but  est de chanter, de lourr, d’adorer Dieu, et d’aider les fidèles dans leurs prières au traves des  célebratioons telles que l’Eucharistie, le baptême, le mariage,…

En effet, peut-on parles de spiritualité au sein de notre chorale? Si oui, est -elle effective? Et si elle devrait être caractérisée, qu’elles caractéristiques  dévrions-nous lui accorder?

La valeur principale de la chorale étant de chanter, elle ne passe point de la prière. Ne dit-on pas  » chanter c’est prier deux fois? ». Partant du chant, prière, adoration, il va s’en dire que la spiritualité au sein de notre chorale n’est pas de moindre, à dire sans doute, elle est présente.

La chorale se voit d’avantage de méner ses actions de façon plus concrète à travers le partage. Ce dernier, action de donner, faire part aux autres, dans le cadre chrétien, c’est un moment privilégié où les choristes mettent en exergue leurs nouvelles, leurs difficultés…

A la suite de ceci, il est question de comprendre qu’à la C.S?P?J, c’est le chant, mais, étant une école de la vie, c’est aussi la vie, le social.

L’institution du partage  au sein d’un mouvement comme la chorale est, non seulement en vue de former des chrétiens  véritables, mais aussi des personnes responsables, des personnes intégres.

La vie nécessitant des moments se retrospection, la chorale se veux parfaire son action de partage par des retraites annuelles spirituelles.

La retraite est un éloignement momentané pour se récueillir. En général, c’est l’action de se rétirer.

Se ténant au prélude du mois de juillet de chaque année, la préparation est d’une importance capitale. Notons ici que la préparation est l’objet du consentement des choristes, ainsi que d’autres chrétiens, sans oublier le clergé.Elle est esentiellment basée  sur des thèmes miticuleusement selectionnés.Le thème de l’année écoulée était:  «   Vous êtes le temple de Saint Esprit ». 1co 6, 19.Elle date il y a de célà quelques années.

Delà, les choristes en sortent toujours satisfaits, joyeus d’avoir effectué une nouvelle rencontre avec les frères, avec la spiritualité, avec le Christ. » C’est un moment mervéilleux » disent-ils le plus souvent.

La C.S.P.J, mouvement d’action Catholique se présente  sous le signe de la parole  » Louez Dieu tous les peuples, chantez sa grande gloire » Ps 105, 1-2.

Aussi, elle parfaire sa vocation au travers du partage hebdomadaire bominical et part ces retraites annuelles spirituelles, la rendant ainsi comme un mouvement des chrétiens engagés.

Sobitsi Giresse Descartes

Chargé  spirituel

Concert de Noël 2008

Créé par le 18 fév 2009 | Dans : Concerts

PRESENTETION DU BILAN DU CONCERT 2008

                Le concert a-il été?

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La C.S.P.J  est un groupe des jeunes dynamiques  ayant pour objectif d’évangeliser les peuples de Dieu à travers les chants et prières.

De ce fait, elle organise  au crépuscul
e de chaque année un concert de musique réligieuse dans le souci de récenser tous les plus jeunes désirant approfondir leur foi chrétienne.

Ainsi, chaque concert se rapporte à un thème choisi qui véhicule un message et illunine toute la structure musicale.La prestation fournie doit être à la hauteur des attentes du public, eun d’autres termes les concerts à des exigences soutenues. Il représente toute une suite de galère, toute une ribambelle des sacrifices, bref ;  il ne se régroupe à une évidence ordinaire.

En définitive, la tâche s’avère ardue. Cependant, l’esprit de solidarité et l’atmosphère conviviale qui régnent dans le groupe lui permettent de surmonter cela.

                                  UNE  CARTE A DOUBLE FACE

Aux sorties du concert 2007, la vérité à la quelle il n’est pas de doute. C’est la concergeance de tous les sentiments: le concert est pris par tous comme un fiasco( échec total), à l’exception du maître des chants qui reste néamoins optimiste et considère ceci comme un rocher sur lequel il faut s’appuyer pour bâtir et singuilièrement le concert 2008.

Nonobstant le gouffre submergé de déception et d’amertume, la préparation du  » show  » 2008 est tout de même entrepris ; on souligne cette fois-ci une structure plus décentralisée et plus disciplinée. Un dynamisme colossal, une grosse envie de réconquérir les fans, on note entre autre une classe de chant méliorative caractérisée par la présence de quelques grandes oeuvres musicales aux paires tels que Haendel et Beethoven.

En somme, l’ensemble de tout ceci fait humer un concert grande envergure.

Avec comme thème:  «  NOËL C’EST L’AMOUR », les particularités éminentes cette année sont les multiples innovations sur le plan technique vocale et culture opéra Africain.

Le concert est éppluché en trois grandes phases.La prémière est appelée  Partie classique.C’est une interprétation  des grandes oeuvres.La deuxième parti appelée Récital est la mise en évidence des individualistes sur leur potentien musical.

La troisième partie ent un  « mendiberthe » ( mébinge) des différentes cultures Africaines.

Ceux sur quoi il faut s’entenit pour faire un  » check up » ( bilan) de ce concert de très haute facture sont ceux-ci:  une structure hierarchisée et disciplinée ayant à sa tête un coordinateur qui veille sur la prestation globale du concert et de la chorale ( Adalbert MABOU) ;  un responsable( président) qui assume la  gestion du groupe et sa stabilité ( Ernest KEGNE), et pour finir un maître de chant principal  qui a la lourde tâche de gamberger afin de dénicher les grandes oeuvres( Patient KABUNGULU).

Après plusieurs semaines de travail, nous sommes placés dans l’expertative(patience), mais l’effort de chaque personne et la volonté de bien faire nous permettent de réussir.

Après tout ceci, le public est satisfait.Tous les dires convergent :  » Le concert 2008 a été une réussite ».

Nous sommes, par ctte réussite dévoué à concorter le meilleur pour les années à venir.

Consultez les photos de ce concert dans notre album.

Créé par le 26 jan 2009 | Dans : Album photo

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Photos concert de Noël 2008

Créé par le 26 jan 2009 | Dans : Album photo

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Historique de la fête de NOël

Créé par le 03 jan 2009 | Dans : POUR VOTRE INFO...

Introduction à la Nativité

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Pendant quatre dimanches, comme en quatre étapes, nous nous sommes préparé le coeur. Avec Isaïe, nous avons levé les yeux vers cette route du désert d’où viendrait le Sauveur, Jean, de son doigt démesuré, nous a désigné le plus grand que lui, en nous demandant de lui préparer la route. Et, plus loin, se dessinait la gloire du Christ revenant en puissance et majesté, tandis qu’avec le psaume montait notre désir : “Fais-nous voir, Seigneur, ton amour !”. Nous chantions encore le “Réjouissez-vous, car le Seigneur est proche”, que déjà les prophéties se concrétisaient sur un descendant de David qui naîtrait d’une vierge et sortirait de Bethléem. Marie, la dernière de l’Ancien Testament, va maintenant devenir la première du Nouveau.

Historique  de la fête de Noël 

Alors que le christianisme primitif s’est soucié très tôt de dater la fête de Pâques – pour la naissance du Christ ce souci est inexistant. Au début du 3e siècle, l’Égypte nomme le 20 mai ; le plus ancien calendrier connu fixe et la naissance et la mort du Christ au même jour, le 14 nisan. Une véritable fête de la naissance du Christ est mentionnée pour la première fois dans un calendrier romain de 354, à la date du 25 décembre ; vers la même époque, on trouve une fête semblable en Orient au 6 janvier. Le choix de ces deux dernières dates est symbolique : les deux sont, en effet, des fêtes du soleil qui, à cette époque de l’année, commence à remonter sa courbe. On voulait moins fêter la naissance du Christ que toute sa personne et toute son oeuvre, en opposition à la fête du « Sol invictus », du soleil invaincu que l’empereur Aurélien avait instaurée au 25 décembre pour consolider l’empire. Le rapide succès de la fête s’expliquait par la réaction de la chrétienté contre l’hérésie arienne qui niait la divinité du Christ. 

Assez vite Rome adopta l’épiphanie orientale, tout comme les orientaux acclimatèrent la Nativité latine. D’où, dans les deux liturgies, le doublet festif qui fait deviner l’heureuse communion des Églises d’alors et leur enrichissement mutuel. 


 

Le cycle du Soleil  

Pâques s’oriente au cycle lunaire : elle se fête le premier dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps (soit entre le 22 mars et le 25 avril). 

Noël se dirige d’après le soleil, et se fête après le solstice d’hiver, quand (dans notre hémisphère) le soleil remonte, le jour gagne sur la nuit. Cet aspect climatique ne vaut évidemment pas pour les Églises situées à l’équateur ou à nos antipodes. Mais la datation et l’origine culturelle des fêtes chrétiennes ne nuit en rien à leur contenu. Noël n’est pas une fête d’hiver, elle est la fête du Christ venant en ce monde ; Pâques n’est pas la fête du printemps, mais du Christ ressuscité. 


 

Les trois messes de Noël  

La coutume de célébrer trois messes à Noël peut venir de Palestine où les chrétiens célébraient une première eucharistie, la nuit, dans la grotte de la nativité de Bethléem ; puis ils rentraient à Jérusalem (distante de 7 km) où ils arrivaient à l’aurore et célébraient une deuxième messe pour, en fin de matinée, célébrer encore une troisième, et prolonger ainsi, avec une profusion tout orientale, les fastes de ce jour béni. 

A Rome, on parcourut le chemin inverse. On célébra d’abord une messe le jour, à Saint Pierre ; un siècle plus tard, sous l’influence de Jérusalem, s’ajoute la messe de minuit, à Sainte Marie Majeure ; un siècle plus tard encore (au 6e, nous sommes à l’époque où Byzance domine Rome) le pape fait la politesse aux diplomates orientaux en célébrant, dans leur église Ste Anastasie, une troisième messe à l’aube. 

La coutume romaine se répandit dans toute l’Église latine. D’où notre messe de minuit, celle de l’aurore (encore dite celle des bergers) et celle du jour. On remarquera la belle progression : lumière de la nuit, lever du soleil, éclat de midi – à laquelle correspondent dans les évangiles : Marie, comme seule dans la nuit, les humbles bergers au petit matin et, le jour, tous les hommes éclairés par le Verbe. 


 

Interroger la Joie  

Aux grandes fêtes, à Noël en particulier, la joie liturgique atteint un sommet, et les réticences à fêter se font aussi plus fortes : comment fêter la paix au milieu de tant de haine ? Et comment se réjouir quand tant d’hommes sont malheureux ? 

Ce qui est en cause, ce sont la joie et la paix fausses, parce que égoïstes. Il n’est de vraie joie que partagée. Aussi faut-il laisser entrer dans notre joie le pauvre, le malade, l’isolé. Aussi faut-il travailler, toute l’année, à la justice et à la paix. 

Il n’est pas question de renoncer à la joie. Une mine triste ne consolera pas celui qui manque de bonheur. Soyons joyeux, si pleins de joie profonde qu’elle rayonne et réchauffe – et n’oublions pas que nos joies terrestres ne seront toujours que des amorces, des débuts incomplets de la vraie joie et de la vraie paix qui sont à venir. 

De quelle qualité est ma joie de Noël ? 


 

Que veut dire : « Incarnation » ?  

Si Jean dit : « Le Verbe s’est fait chair » (1,14), c’est pour affirmer que le Fils de Dieu n’a pas fait semblant d’être homme, qu’il est véritablement entré dans notre monde, dans notre condition humaine, dans un corps et un esprit humains ; il a tout assumé, sauf le péché. Le but de cette incarnation était de redresser et de sanctifier « de l’intérieur » l’humanité entière dont le Christ est devenu le représentant, le « nouvel Adam ». 

L’incarnation du Christ se continue dans son corps mystique qu’est l’Église : nous sommes les membres de son corps (1 Co 12). L’Église continue l’incarnation du Christ dans notre temps, elle est le « Christ continué ». « Jésus oui – l’Église non » est un refus des conséquences de l’incarnation du Christ. On ne peut séparer le Christ et l’Église qui l’incarne aujourd’hui. 

Enfin nous devons continuer l’incarnation du Christ en nous incarnant nous-mêmes dans les tâches d’aujourd’hui. Les fuir dans une liturgie étrangère aux soucis de ce monde serait nier indirectement l’incarnation de Jésus. Aimons notre monde, portons-lui le Christ qui, seul, peut le conduire à son achèvement. 

On peut prolonger à loisir cette incarnation. Ainsi la foi doit-elle s’incarner dans la pensée d’aujourd’hui, la liturgie se célébrer selon la sensibilité africaine, asiatique… 

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 C’est vrai en plusUn simple copain, quand il vient chez toi, agit comme un invité. Un véritable ami ouvre ton frigo et se sert.
Un simple copain ne t’as jamais vu pleurer. Un véritable ami a les épaules trempées de tes larmes.
Un simple copain ne connaît pas les prénoms de tes parents. Un véritable ami a leurs numéros de téléphone dans son carnet d’adresses. 

Un simple copain apporte une bouteille de vin à tes fêtes. Un véritable ami arrive tôt pour t’aider à cuisiner et reste tard pour  t’aider à nettoyer.
Un simple copain déteste quand tu appelles après qu’il soit aller se coucher. Un véritable ami te demande pourquoi tu as mis tant de temps à appeler.
Un simple copain pourrait te faire du chantage avec. Un véritable ami s’informe de ta romantique histoire d’amour.
Un  simple copain pense que l’amitié est finie quand vous avez une dispute. Un véritable ami t’appelle après une dispute.
Un simple copain s’attend que tu sois toujours là pour lui. Un véritable ami est toujours là pour toi.
Un simple copain lit ce message et le supprime. Un véritable ami le fait passer et te le renvoie  coucou. 

Soit attentif  car c’est vrai, ça fait trop bizarre.

Prière à la Vierge Marie composée par Benoît XVI pour les jeunes

17022007

Préparation du pèlerinage à Lorette

ROME, Vendredi 16 février 2007 (ZENIT.org) – Benoît XVI a composé une prière à la Vierge en préparation à la rencontre œcuménique avec les jeunes Italiens qui se tiendra à Lorette les 1er et 2 septembre 2007. Ce projet des jeunes s’appelle « Agora ». Le pape a prié cette prière avec les jeunes lors de la rencontre de mercredi dernier, en la basilique Saint-Pierre avec les pèlerins des Marches, à l’occasion de la visite ad limina des évêques de cette région.

« Marie, Mère du « oui », tu as écouté Jésus,
Et tu connais le timbre de sa voix et le battement de son cœur.
Etoile du matin, parle-nous de Lui
Et raconte-nous ton chemin pour le suivre dans le chemin de la foi.
Marie, toi qui à Nazareth as habité avec Jésus,
Imprime tes sentiments dans notre vie,
Ta docilité, ton silence qui écoute
Et fait fleurir la Parole en choix de vraie liberté.

Marie, parle-nous de Jésus, pour que la fraîcheur de notre foi
Brille dans nos yeux et réchauffe le cœur de ceux qui nous rencontrent,
Comme tu l’as fait en rendant visite à Elisabeth
Qui dans sa vieillesse s’est réjouie avec toi du don de la vie.

Marie, Vierge du « Magnificat »,
Aide-nous à apporter au monde la joie et, comme à Cana,
Incite chaque jeune, engagé dans le service de ses frères
A faire seulement ce que Jésus dira.

Marie, pose ton regard sur l’Agora des jeunes,
Pour qu’elle soit le terrain fécond de l’Eglise italienne.
Prie pour que Jésus, mort et ressuscité, renaisse en nous
Et nous transforme en une nuit pleine de lumière, pleine de Lui.

Marie, Vierge de Lorette, porte du ciel,
Aide-nous à élever notre regard.
Nous voulons voir Jésus. Parler avec Lui.
Annoncer à tous son amour ».

Créé par le 10 déc 2008 | Dans : POUR VOTRE INFO...

14 septembre: FETE DE LA CROIX
13
09
2007

La fête de la Croix glorieuse rappelle deux fêtes distinctes, célébrées

autrefois en des dates différentes : le 3 mai on célébrait l’Invention,

c’est-à-dire la découverte, de la Sainte Croix, et le 14 septembre la

fête de ce jour s’appelait l’Exaltation de la Sainte Croix. L’Invention

de la Sainte Croix rappelait la découverte de la Croix du Seigneur, en

l’an 326, au temps de sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin.

L’Exaltation de la Sainte Croix, ou fête de la Croix glorieuse, commémore

aujourd’hui le retour de la relique de la Sainte Croix à Constantinople

d’abord, à Jérusalem ensuite, après avoir été pendant quinze ans, de 615

à 630, aux mains des païens perses.

FETE DE JEAN BAPTISTE
23
06
2007

Jean Baptiste hier et aujourd’hui.

Chaque époque et chaque nation a ses Jean Baptiste pleins de courage et d’audace qui dénoncent, qui s’adressent aux grands de la terre pour leur rappeler les devoirs et les valeurs inaliénables de vie de tout homme. Jean Baptiste de hier qui n’a pas eu peur de s’adresser à Erode et lui dire qu’il ne fallait pas prendre et cohabiter avec l’épouse de son frère… Les Jean Baptistes d’aujourd’hui comme Romero, Munzihirwa, Camara, Abbé Pierre, Mère Thérèse, Saint Pio, Kataliko, Serge Maheshe, etc. Et la liste ne s’arrête pas là, car cette notre terre est parsemée par le sang de ces témoins et martyrs de la vérité, de la justice, de la paix. La fête de la naissance de Saint Jean Baptiste c’est l’occasion de nous rappeler de nos prophètes martyrs qui ont su donner leurs vies pour témoigner, sans compromis, les véritables valeurs de la paix, de la réconciliation, de justice. C’est très naturel que je fasse une comparaison donc entre Jean Baptiste et Munzihirwa, Kataliko, Serge Maheshe, etc. ces figures de notre histoire contemporaine qui nous laissent ce témoignage de profond courage vis-à-vis de l’autorité, de la société, et des politiciens. Ils ont fait comme Jean Baptiste ils ont payé avec leur vie le dur prix de dire la vérité. Les grands de la terre, comme tous les politiciens et ceux qui sont au pouvoir chez nous, n’aiment pas qu’on leur dise la vérité.

Le thème de notre vocation baptismale de prophète

peut être approfondi à travers la figure de Jean Baptiste dont nous fêtons aujourd’hui la naissance.

Vocation signifie appel.

Dans la première lecture, extraite du livre d’Isaïe, nous voyons Dieu qui parle à son serviteur comme il avait parlé à Jérémie. Ici, au nom du groupe des déportés d’Israël à Babylone, Isaïe s’exprime en ces termes : « J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. » Se dégage de cela un premier point, à savoir qu’il y a chez le prophète une identification entre son être et sa mission de porte-parole de Dieu. Le Psaume ne dit pas autre chose par ces mots : « C’est toi qui as créé mes reins, tu m’as tissé dans le sein de ma mère. Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis ». De même, dans l’évangile, lorsque Jean-Baptiste par son tressaillement se révèle avant même sa naissance comme celui qui marche devant le Seigneur pour préparer ses chemins. Autrement dit, cela veut dire que notre appel à être prophète fait partie de notre identité chrétienne de fils de Dieu.

Voyons un peu maintenant le contenu de cet appel.

En quoi consiste la mission d’être prophète ?

Le prophète est celui qui manifeste la présence de Dieu au milieu des hommes. Toute la vie du prophète, et pas seulement ce qu’il annonce, est appelée à être signe que Dieu veut étendre son salut à tout homme : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d’Israël : je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Cf. 1ère lecture). Voilà pourquoi, après l’avoir préparée, le prophète doit s’effacer devant la venue salvifique de Dieu. Saint Paul, dans la deuxième lecture, rappelle cette phrase de Jean-Baptiste qui en est la parfaite expression : « Celui auquel vous pensez (c’est-à-dire le Messie), ce n’est pas moi. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de lui défaire ses sandales. »
2. La parole du prophète donne aux événements une interprétation selon le projet de salut de Dieu, dont la plupart du temps les pensées des hommes sont bien éloignées. En ce sens, elle dérange. Jean-Baptiste en fera lui-même l’expérience comme tous les prophètes de l’Ancien Testament. La Parole de Dieu que porte le prophète tranche et perce comme une épée ou une flèche : « Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi sa flèche préférée, il m’a serré dans son carquois. » (Cf. 1ère lecture). Voilà pourquoi cette mission-vocation exige de la persévérance, sans cesse à demander à Dieu pour demeurer fidèle. Le prophète aura dans sa vie bien souvent l’occasion de faire siens ces derniers versets du Psaume : « Dieu ! Scrute-moi et connais mon cœur ; éprouve-moi et connais mes soucis. Vois donc si je prends le chemin périlleux, et conduis-moi sur le chemin de toujours ».

3. Par sa parole et par ses actes, le prophète témoigne de Dieu au cœur du monde et il n’a pas peur par son témoignage d’aller à contre-courant de ce que pense la société. Dans nos familles, dans nos milieux de vie, d’étude, de travail, répondre à notre mission-vocation de prophète reçue le jour de notre baptême, pourrait s’exprimer de la manière suivante : Témoigner de l’espérance au cœur du désespoir ; être des artisans de paix et d’unité là où règnent la guerre et la division ; témoigner de la réconciliation et du pardon au cœur des ressentiments de haine et de vengeance ; faire aimer et respecter la vie au cœur d’une culture de la mort ; témoigner de la possibilité d’un salut pour tous en témoignant que chacun à du prix là où chacun se déprécie ; enfin, témoigner que la vie vaut la peine d’être donnée en témoignant de la joie du don.

Conclusion : Une vocation donc pour tous à témoigner. Un témoignage qui continue à donner de l’espoir. Un témoignage qui parfois dérange les égoïsmes et les ambitions des autres. Un témoignage qui demande héroïsme et courage.

« Seigneur, réveille en nous la voix prophétique. Qu’à travers les actions et les paroles les plus banales de notre quotidien, nous préparions ta venue dans les cœurs. Comme Jean-Baptiste qui par sa naissance a rendu la parole à Zacharie, puissions-nous, au cœur de notre monde, faire entendre ta Parole qui viendra libérer la parole des hommes enfermés dans le mutisme à cause de leur égoïsme. Alors nous serons lumières pour nos frères et sœurs en humanité et ton salut parviendra jusqu’aux extrémités de la terre. » © kakaluigi

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FETE DU SAINT SACREMENT
9
06
2007

L’Institution de l’Eucharistie (Cf. 2ème lecture), le sacrifice de Melchisédech (Cf. 1ère lecture) et la multiplication des pains (Cf. Evangile) : tel est le triptyque suggestif que nous présente la liturgie de la Parole en cette solennité du « Corpus Domini » (Saint Sacrement).
Le geste de Jésus dans l’évangile était préfiguré dans celui de Melchisédech, « roi de Shalem » et « prêtre du Dieu très haut » qui bénit Abraham et lui « apporta du pain et du vin » (Gn 14, 18) en signe d’hospitalité, de générosité et d’amitié. Le Psaume 109 fait d’ailleurs référence à ce passage en attribuant au Roi-Messie un caractère sacerdotal particulier en vertu de l’investiture directe de Dieu : « Tu es prêtre à jamais selon l’ordre de Melchisédech » (v.4).
Lorsqu’il se livre lui-même aux hommes en nourriture, Jésus se révèle ainsi comme le véritable Roi-Messie, le véritable grand prêtre. L’auteur de l’épître aux Hébreux l’avait bien compris lorsqu’il nous décrit notre Seigneur Jésus Christ comme : « le grand prêtre qu’il nous fallait : saint, sans tache, sans aucune faute ; séparé maintenant des pécheurs, il est désormais plus haut que les cieux. Il n’a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses péchés personnels, puis pour ceux du peuple ; cela, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. » (He 7, 26-27)
Le signe de la multiplication des pains par notre Seigneur anticipe celui de l’Ultime Cène avec les apôtres et l’Eucharistie célébrée par les chrétiens en mémoire de lui : « la nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : ‘Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi’. » (Cf. 2ème lecture)

Saint Luc, dans son évangile, nous permet de mieux comprendre le don et le mystère de l’Eucharistie. Après que Jésus eût béni et rompu les pains, il les donne aux apôtres afin qu’ils les distribuent au peuple (v. 16). Tous, observe l’évangéliste, mangèrent et furent rassasiés et douze couffins de morceaux furent même recueillis (v. 17). Nous assistons ici au début d’un long processus historique : la multiplication sans arrêt dans l’Eglise du Pain de vie nouvelle pour les hommes de toute race et de toute culture. Ce ministère sacramentel a été confié par Jésus aux Apôtres et à leurs successeurs qui, fidèles à la consigne du Seigneur, ne cessent de rompre et de distribuer le Pain eucharistique de génération en génération.

Le Christ – unique Seigneur hier, aujourd’hui et à jamais – a voulu lier sa présence salvifique dans le monde et dans l’histoire au sacrement de l’Eucharistie. Il a voulu devenir pain rompu, afin que chaque homme puisse se nourrir de sa vie même, à travers la participation au Sacrement de son Corps et de son Sang. A travers l’Eucharistie c’est la vie même de Dieu qui continue à nous parvenir pour transfigurer et sauver chacun de nous. Saint Luc dans l’évangile insiste sur le fait que « tous furent rassasiés ». Ce jeudi, à l’occasion de la célébration eucharistique à saint Jean du Latran et de la procession du saint Sacrement jusqu’à la Basilique Sainte Marie Majeure, Benoît XVI soulignait fortement cet aspect : « Si, le Jeudi Saint, on met en évidence le rapport étroit qui existe entre la Dernière Cène et le mystère de la mort de Jésus sur la Croix, aujourd’hui, en la fête du Corpus Domini, avec la procession et l’adoration eucharistique ensemble, on attire l’attention sur le fait que le Christ s’est immolé pour l’humanité tout entière. Son passage au milieu des maisons et par les rues de notre ville sera pour ceux qui y habitent une offrande de joie, de vie immortelle, de paix et d’amour. »

Pour accueillir cette vie divine, il s’agit tout comme les apôtres dans l’évangile de croire à ces paroles que Jésus prononça un jour à Capharnaüm : « Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mange ce pain vivra à jamais » (Jn 6, 51).
Voilà pourquoi il est tout particulièrement bon en ce dimanche de rester devant le Sacrement de l’autel et de renouveler notre profession de foi dans la présence réelle du Christ. Avec Pierre, nous redisons : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68).
Il n’y pas de plus belle manière d’appeler sa vie divine et éternelle sur nos histoires humaines souffrantes, opprimées par les préoccupations et les peines, et sujettes à la lente mais inexorable usure du temps.

Comme nous y invite l’épître aux Hébreux, « Tenons donc ferme la profession de foi ». Notre grand prêtre souverain qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, n’est pas un grand prêtre impuissant à compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout, d’une manière semblable, à l’exception du péché.
« Avançons-nous donc avec assurance vers le trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce pour une paix opportune. » (CF. He 4, 14-16)

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Les femmes de la Résurrection
9
04
2007

Les femmes viennent de recevoir la première annonce de la Résurrection. « Tremblantes et toutes joyeuses », elles courent porter la nouvelle aux disciples, comme l’Ange le leur a ordonné. C’est sur ce chemin de l’humble obéissance et de la foi partagée que Jésus vient à leur rencontre et se fait reconnaître.
Sa salutation est une invitation à l’allégresse : « Kairete » ; une exhortation à abandonner toute peur : « Soyez sans crainte ». Le Seigneur ressuscité confirme les paroles de l’Ange ainsi que la mission que celui-ci avait confiée aux femmes : « Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront ». L’annonce de la Résurrection est toujours conjointement un appel à rejoindre le Seigneur afin de le contempler là où il se donne à « voir » : dans nos Galilées quotidiennes.
Le Père n’a pas ressuscité son Fils pour nous l’arracher ; sa résurrection ne pèse pas sur nous comme la menace d’une vengeance de Dieu prête à se déchaîner sur tous ceux qui ont participé de près ou de loin à sa Passion. L’exaltation du Fils de l’homme est au contraire la Bonne Nouvelle de la victoire définitive de la Vie et l’invitation à entrer dès à présent dans ce mystère, en nous unissant au Christ ressuscité par une foi émerveillée et reconnaissante : « Je regardais le Seigneur sans relâche ; il est à mon côté : je ne tombe pas. Oui, mon cœur est dans l’allégresse, ma langue chante de joie ; ma chair elle-même repose dans l’espérance, car tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton fidèle connaître la corruption. Tu m’as montré le chemin de la vie, tu me rempliras d’allégresse par ta présence » (1ére lect.).
L’Emmanuel accomplit le programme que signifie son nom : Dieu est « avec nous » (Mt 1,23) « pour toujours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20). Nous n’avons plus à vivre dans la tristesse d’une existence insensée, vouée dès la naissance à une mort inévitable. « Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière : sur ceux qui demeuraient dans la région sombre de la mort, une lumière s’est levée » (Mt 4,16) ; la lumière de l’espérance de notre participation à la vie de celui qui est descendu dans nos tombeaux pour en rouler victorieusement la pierre. Certes nous mourrons, mais depuis que Jésus a traversé notre mort, celle-ci n’est plus qu’un passage vers la lumière qui ne s’éteint pas et la vie qui ne finit pas.
Tandis que les femmes se mettent en chemin, en hâte et toutes joyeuses comme Marie se rendant chez sa cousine Elisabeth après l’Annonciation, voilà qu’elles croisent un cortège d’hommes portant la même information, mais qui sont loin de partager leur joie, car pour eux, cette « nouvelle » n’est point « bonne ».
Tout oppose ces deux groupes : alors que les femmes quittent la ville – symbole du monde ancien et de la première Alliance désormais dépassée – pour se rendre au lieu où le Seigneur ressuscité leur a donné rendez-vous, les hommes, eux, retournent dans la cité, et leur témoignage rassemble dans la fébrilité et le trouble, ceux-là même qui ont condamné à mort le Vivant.
Les mêmes événements, qui ont converti ces femmes simples dont le cœur était demeuré ouvert à l’action de la grâce, vont provoquer l’endurcissement de ces responsables religieux, trop attachés à leur réputation et à leur pouvoir pour reconnaître leur erreur.
Pour sauver la face, ils vont s’enfoncer dans le mensonge en soudoyant les témoins, leur ordonnant de répandre la fausse rumeur du vol du cadavre. Ce n’est sans doute pas sans une pointe d’ironie que l’évangéliste souligne la contradiction interne au mensonge : comment pourrait-on donner foi à la version des soldats, alors qu’ils commencent par avouer qu’ils étaient endormis ?
Quoi qu’il en soit, « cette explication s’est effectivement propagée jusqu’à nos jours », comme le souligne Saint Matthieu ; et pas seulement « chez les Juifs » : dans la controverse qui tente d’opposer un « Jésus de l’histoire » au « Christ de la foi », la thèse du vol du corps du Seigneur, en vue de rendre crédible le message d’une soi-disant résurrection orchestrée par les disciples, demeure un des arguments favoris des rationalistes. Comme ceux-ci excluent a priori le surnaturel, et réduisent d’amblée toute intervention de Dieu dans le cours de l’histoire à un mythe, ils sont bien obligés de trouver une autre explication au tombeau vide.
Mais jugeons l’arbre à son fruit : l’Evangile de ce jour nous fait pressentir l’abîme qui sépare ces deux groupes de personnes : les femmes s’en vont toutes joyeuses, porter la Bonne Nouvelle du triomphe de la vie ; elles annoncent la proximité du Prince de la Paix au cœur même de notre existence quotidienne, qui s’en trouve illuminée de la lumière douce et chaleureuse de sa présence ; les hommes, eux, s’enfoncent dans le trouble et les ténèbres du mensonge ; par l’obstination et l’endurcissement de leur cœur, ils s’excluent eux-mêmes de la paix et de la joie du Royaume, auxquelles le Ressuscité persiste pourtant à les inviter.
Ces deux expériences ne nous sont probablement pas étrangères : n’est-il pas vrai que tout se simplifie dès que nous accueillons le Seigneur ? Et que tout s’obscurcit et se complique lorsque nous oublions sa présence et voulons nous débrouiller sans lui, ou agir malgré lui, voire contre lui ? Cette simplicité, cette paix, cette joie profonde sont des signes sûrs de la présence du Ressuscité, alors que la complication, le trouble, la tristesse trahissent que nous avons lâché sa main, que nous tournons le dos à celui en-dehors de qui nous ne pouvons rien faire de bon.
Sachons rendre grâce au Seigneur de nous avoir jugés dignes de croire en lui et de nous envoyer témoigner de sa Résurrection malgré notre tiédeur et notre médiocrité. Comment ne pas nous émerveiller d’entendre Jésus nous appeler « ses frères », alors que nous avons, chacun pour notre part, contribué aux souffrances de sa Passion par nos si nombreuses trahisons ?
Le cœur débordant de reconnaissance, sachons redire notre amour à celui qui veut établir en nous sa demeure ; et offrons lui les paroles que l’Esprit met lui-même sur nos lèvres :

« Je garde les yeux fixés sur toi, Seigneur sans relâche ; tu es à ma droite : je suis inébranlable. Je n’ai pas d’autre bonheur que toi ; tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face débordement de joie, à ta droite, éternité de délices ! » (Ps 15[16])

Père Joseph-Marie

BONNE FETE AU PETITS CHANTEURS DE LA RESURRECTION: SOYEZ LUMIERES QUI BRILLENT ET APPORTENT PAIX!

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PAQUE JUIVE et PAQUES CHRETIENNES
8
04
2007

Pâque juive & Pâques chrétiennes

On distingue la Pâque juive des Pâques chrétiennes : la Pâque juive s’emploie au singulier, les Pâques chrétiennes au pluriel. Au Moyen Âge, on écrivait au singulier ou au pluriel indifféremment pour les deux fêtes. Elles se fêtent à la même époque, au début du printemps mais pas le même jour ! Et elles n’ont pas la même signification. Cependant la Pâque juive a largement influencé la célébration chrétienne !
La Pâque juive a lieu le 15 nissan, le mois des épis et premier mois de l’année. Ce mois est à cheval entre mars et avril. Le calendrier juif est lunaire: le mois commence avec la nouvelle lune. En 2007, les Juifs célèbrent Pâque le mardi 3 avril.

Pâques orientales & Pâques occidentales

Chez les chrétiens, il faut aussi distinguer deux dates ! L’église romaine et l’église orthodoxe ont fixé chacune de leur côté la date de Pâques ! Pour les occidentaux (catholiques et protestants), Pâques a lieu le premier dimanche après la pleine lune qui suit le premier jour du printemps.
Or, le printemps commence officiellement le 21 mars. C’est cette date que prend l’église comme référence. En réalité, le printemps commence le jour de l’équinoxe (en 2006, c’était le 20 mars). Les orthodoxes ne tiennent pas compte du calendrier grégorien mais du calendrier julien ! Il y a donc un décalage de plusieurs jours: le printemps orthodoxe commence alors le 3 avril ! D’autre part, l’église grecque fixe la pleine lune en fonction de calculs réalisés il y a plusieurs siècles et qui ne sont plus exacts. Il y a alors un second décalage: la pleine lune orthodoxe a lieu 4 ou 5 jours après la pleine lune réelle !

D’autre part, l’église orthodoxe grecque utilise le calendrier julien pour Pâques mais le calendrier grégorien pour Noël (c’est donc le 25 décembre) alors que l’église orthodoxe russe utilise le calendrier julien : le Noël russe a donc lieu le 7 janvier. Cette année est particulière : les églises d’orient et d’occident fêtent Pâques le même jour, le dimanche 8 avril 2007. Ce sera aussi le cas en 2010, 2011, 2014…

calcul de la date de Pâques orthodoxe

calcul de la date de Pâques entre 325 et 2500 pour les chrétiens d’occident & d’orient et les juifs

À l’origine, la Pâque juive

A l’origine, il existait deux fêtes pour célébrer le printemps:
- le ‘Hag Ha-Pessah’ : fête de l’agneau pascal. C’est une fête pastorale dont l’origine remonte au temps où le peuple hébreu était un peuple de nomades. Le rite du sang a une valeur importante: on prenait le sang de l’agneau pour oindre le pourtour des portes d’entrée de la tente ou de la cabane. C’était un rite de protection pour détourner les mauvais esprits et protéger ainsi la famille.
Le mot pâque désignait ainsi la fête et aussi la bête que l’on sacrifiait et que l’on mangeait. Ce sacrifice était pratiqué au temps de Jésus mais ne l’est plus depuis la destruction du temple de Jérusalem en 70.

- le ‘Hag Ha-Matsoth : fête du pain sans levain. C’est une fête agricole célébrée par un peuple sédentaire au début de la moisson. Le pain sans levain porte aussi le nom de pain azyme, du grec ἂζυμος de ζύμη (levain)

Dans un second temps, ces fêtes ont été associées à l’exode du peuple hébreu, du grec ἔξοδος : sortie. Selon la Bible, à l’époque des pharaons, les Hébreux vivaient en esclavage en Egypte. L’exode représente la sortie d’Egypte, la libération du peuple hébreu.
Dans la Torah, Dieu annonce le dizième fléau qui allait frapper les Egyptiens : le sang autour des portes était le signe qui allait lui permettre de reconnaître et d’épargner les Hébreux.
Le sang vous servira de signe, sur les maisons où vous serez. je verrai le sang. Je passerai par-dessus vous et le fléau destructeur ne vous atteindra pas quand je frapperai le pays d’Egypte. Ce jour-là vous servira de mémorial. (Exode XII, 13)
Tu ne mangeras pas du pain levé ; pendant sept jours, tu mangeras des pains sans levain – du pain de misère, car c’est en hâte que tu es sorti du pays d’Egypte – pour te souvenir tous les jours de ta vie., du jour où tu es sorti du pays d’Egypte. (Deutéronome XVI)

La Pâque est donc devenue la célébration de la libération du peuple hébreu. C’est la traversée de la mer Rouge qui sépare le pays de la servitude de la terre promise. C’est le passage de l’esclavage à la liberté. C’est la renaissance du peuple d’Israël, comme le printemps est la renaissance du printemps. Pâque, c’est le triomphe de la liberté sur l’esclavage. Pâque, c’est la fête de la libération, la fête de la liberté !

Aujourd’hui, les Juifs font une célébration familiale le premier soir: c’est le Sédèr. Et si aujourd’hui, ils ne sacrifient plus l’agneau pascal, le pain sans levain et le vin occupent toujours une place essentielle. Pas question d’avoir du levain chez soi, et encore moins d’en manger, pendant les 7 jours qui suivent la célébration de Pâque ! Sur la table, on réserve une coupe de vin au prophète Elie : c’est la Coss ‘Eliyahou. Il tient un rôle particulier car l’Ancien testament raconte qu’il est monté au ciel (sur un char de feu…). Il n’est donc pas mort ! On peut croire à son retour qui marquera le signe d’une ère de paix et d’amour. Cette coupe est une façon de souhaiter la bienvenue à Elie, ou bien à son prochain… Traditionnellement, la porte d’entrée est ouverte ce soir là pour l’accueillir…

Pâques chrétiennes

Les chrétiens célèbrent, à Pâques, la mort et la résurrection de Jésus. Cela s’est passé autour de l’an 30. A cette époque, nombreux étaient les juifs qui allaient célébrer Pâques en pèlerinage à Jérusalem. Ils sacrifiaient l’agneau au temple puis le mangeaient en famille. Jésus fait, lui aussi, ce pèlerinage. Il semble avoir été accueilli en triomphe à Jérusalem. Cependant, son état d’esprit critique envers la religion établie lui attire les foudres du clergé. Il est alors jugé par un tribunal et condamné à être livré aux Romains… pour s’en débarrasser. A cette époque, le gouverneur romain s’appelait Ponce Pilate, homme qui avait la réputation de ne pas être un tendre. Il a fait crucifier Jésus, pour répondre aux souhaits de l’opinion publique, qui se range volontiers du côté de la tradition…

Les rédacteurs des Evangiles ont toujours été influencés par l’Ancien testament. A la Pâque juive s’est substituée la célébration de la Cène, le dernier repas que Jésus partage avec ses disciples, la veille de son arrestation. C’est devenu le principal rite chrétien.

Pendant le repas, il prit du pain, et après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit, le leur donna et dit: « prenez, ceci est mon corps ». Puis il prit une coupe, et après avoir rendu grâce, il la leur donna et ils en burent tous. Et il leur a dit: « ceci est mon sang, le sang de l’alliance… » (Marc XIV, 22)

Cette cène est avant tout une allégorie. L’influence du rite juif est manifeste. Le pain et le vin étaient associés à Pâque avant la naissance de Jésus. A la coupe d’Elie s’est substituée la coupe de Jésus devenu l’agnus Dei qui prend la place de l’agneau pascal offert en sacrifice. Et l’ascension de Jésus ne peut que rappeler celle d’Elie…

Aujourd’hui, la mort de Jésus est célébrée le vendredi saint. Et Jésus est ressuscité le troisième jour, c’est à dire le dimanche de Pâques (dans l’Antiquité le premier jour compte pour un jour ! le lundi de Pâques est férié en France mais n’a aucune signification religieuse: simplement pour se reposer !)
Quand Jésus est-il mort? les Evangiles se contredisent ! Il n’est pas exclu que Jésus ait été crucifié quelques jours après la Pâque juive et non le jour même (comme l’atteste les trois premiers évangiles) ou la veille (comme le prétend le quatrième évangile).

Non seulement chaque évangile présente une version différente des faits, mais encore certains passages ont été ajoutés par la suite: les derniers versets de l’évangile de Marc n’existent pas dans les premiers manuscrits et le dernier chapitre de l’évangile de Jean provient d’un autre auteur…

Cependant, la vérité historique importe peu. Le nouveau Testament donne à la Pâque juive un nouveau sens. La lecture littérale de la Bible permet de croire que la résurrection est l’annonce d’une vie après la mort. La croix devient alors le signe du passage de la vie de servitude à une terre promise… au ciel.
Mais il existe une autre lecture de la Bible. Il ne s’agit pas de prendre la résurrection de Jésus au sens propre mais au sens figuré, non au sens littéral mais au sens spirituel. Ce n’est pas le corps mais l’esprit de Jésus qui est vivant. Eternellement. La croix est le symbole de la résurrection: l’avènement d’une vie où règne l’esprit de fraternité. C’est le triomphe de l’amour sur l’égoïsme. C’est l’espérance d’une vie spirituelle. Ici et maintenant. Et cela dépend avant tout de notre volonté !

la passion du Christ dans l’art -l’art et la Bible : les peintures sur la crucifixion de Jésus

Pâques grecques

En grec, Pâques se dit Πάσχα (le χ se transcrit ch et prononce comme une jota espagnole: un h en râclant la gorge…)

N’oublions pas que si le latin est la langue de l’église catholique, le grec est la langue du christianisme: le Nouveau testament a été rédigé en grec !
voici quelques mots grecs à retenir : ανάσταση résurrection (anastasie) – σταυρός croix (stavros)
καλό Πασχά ! joyeuses Pâques ! cependant on dit plus volontiers : Χριστός Ανέστη ! Christ ressuscité ! [Hristos anesti]

Dans les pays occidentaux, la fête la plus importante de l’année, c’est Noël ; en Grèce, c’est Pâques ! Et si en France on mange une dinde à Noël ; en Grèce, on mange un agneau à Pâques. Notons que la dinde n’est pas un animal biblique alors que l’agneau est un animal symbolique de première importance ! D’autre part, Noël est certes une fête chrétienne mais ne cherchez pas ce mot dans la Bible : il en est absent ! En revanche, Pâques est d’une importance essentielle !
On peut regretter que les églises de France ne fassent pas de Pâques une fête aussi importante que Noël ! Que la célébration de Pâques rayonne urbi et orbi ! Et vive l’esprit de fraternité !

hymnes byzantins : écoutez le Χριστός Ανέστη : il est magnifique !

Étymologie de Pâques

A l’origine c’est un mot hébreu pèsah dont la racine semble être la même que le verbe passer employé dans l’Exode, lorsque Dieu déclare aux Hébreux : Je passerai par-dessus vous et le fléau destructeur ne vous atteindra pas (voir ci-dessus). Si l’anglais traduit Pâques par Easter, la Pâque (juive) se dit Passover (du verbe to pass over : passer par-dessus). En grec, le mot hébreu a été transcrit Πάσχα d’où le latin Pascha. Paschalis : pascal, relatif à Pâques à ne pas confondre avec un autre mot latin :
pascalis : qu’on fait paître, du verbe pasco (faire paître), d’où pastor (berger) qui a donné en français pâtre (de même sens) et pasteur (au sens figuré). Ainsi, en latin on distingue :
agnus pascalis, c’est l’agneau que l’on fait paître et agnus paschalis, c’est l’agneau pascal que les Juifs mangent le jour de la Pâque ; au sens figuré, c’est Jésus sacrifié
La pâque désigne aussi l’agneau sacrifié des Juifs: manger la pâque, c’est manger l’agneau ! Pour les Chrétiens, faire ses pâques, c’est communier un des jours de la quinzaine de Pâques. Les œufs de Pâques désignent les œufs décorés et, par extension, les petits cadeaux que l’on s’offre à Pâques.
L’accent circonflexe sur le a remplace le s : pasques > pâques (cf. pastre > pâtre).
En français, on distingue :
La semaine Sainte qui précède Pâques, à partir du dimanche des Rameaux, appelés aussi Pâques fleuries)
La semaine de Pâques, après Pâques (à partir du dimanche de Pâques, jour de la Résurrection)
Pâques fleuries : dimanche des Rameaux (qui précède Pâques)
Pâques closes : dimanche de Quasimodo (après Pâques) du latin quasi modo: ce sont les premiers mots du premier chant de la messe de ce jour-là: quasi modo geniti infantes: comme des enfants nouveau-nés…

Deux proverbes anciens :
Se faire poissonnier la veille de Pâques : s’engager dans une affaire, lorsqu’il n’y a plus aucun avantage à en espérer.
se faire brave comme un jour de Pâques : se parer comme en un jour de fête.

Définition du dictionnaire de Furetière (1690)

PASQUE : la plus solemnelle des Feste qui se celebre chez les Juifs en memoire de leur delivrance de la captivité d’Egypte, & chez les Chrestiens en memoire de la resurrection du Sauveur.
Pascha est un mot Hebreu qui signifie passage.
On appelloit autrefois dans l’Eglise Pasques, toutes les festes solemnelles. Ainsi on appelloit la grande Pasque, la Pasque de la Resurrection ; la Pasque de la Nativité, le jour de Noël ; la Pasque de l’Ascension, Pasque de l’Epiphanie, Pasque de la Pentecoste, qu’on a appellée Pasca rosada ou rosatium, à cause qu’elle vient au temps des roses.
On le dit encore en Espagnol, Pascha de Navidade.

italien : Pasqua
espagnol : Pascua
portugais : Páscoa
néerlandais : Pasen

En espagnol, la Pascua (au singulier) désigne encore aujourd’hui chacune des solennités: le jour de la naissance de Jésus, le jour des rois mages, le jour de l’esprit saint. las Pascuas : époque qui s’étend de Noël au jour des Rois
Pascua del Espíritu Santo : Pentecôte – Pascua de Flores, Pascua Florida (Pâques des fleurs, Pâques fleuries) désigne le jour de la résurrection. Les Pâques fleuries espagnoles ne tombent donc pas le même jour que les Pâques fleuries françaises !

Pâques a donné son nom à un prénom, Pascal, à une île, l’île de Pâques, découverte le jour du même nom… et à une fleur : la pâquerette qui fleurit à Pâques… Son nom latin (classique) est bellis (génitif -idis): en français il aurait donné bellide !

Pâques (Pasqua) & la semaine sainte en Corse (a settimana Santa)

Pâques germaniques

allemand : Ostern
anglais : Easter

Ces noms n’ont rien de juif ou de chrétien : ils sont profondément païens ! Selon Bède, auteur né en Angleterre au VIIIe siècle écrivait : le mois d’avril se nomme Eosturmonath d’après le nom de la déesse Eostre dont on célèbre la fête en ce mois (De Tempore Ratione , XV). Il existe donc une déesse dans le panthéon germanique nommée Eostra ou Ostara qui aurait donné le nom de Easter (en anglais) ou Ostern (en allemand).

Cependant, excepté ce témoignage de Bède, il n’existe aucune source qui témoigne de l’existence de cette déesse ; ni culte, ni rite.

Mieux connaître notre Foi
3
04
2007

L’ignorance où sont encore de trop nombreux chrétiens, de l’enseignement du Christ est une faute grave. Déjà au XVIème siècle, Erasme déplorait l’inculture religieuse de ses contemporains ; ceux-ci, pourtant, dans leur majorité, n’avaient que les vitraux et les sermons pour les instruire.
Comment donc ne pas regretter l’inculture religieuse d’aujourd’hui, alors que l’école apprend à lire à chacun, que les livres et les moyens de communication sont accessibles à tous, que les groupes de réflexion chrétiens sont partout !
Cependant, que de lacunes dans la connaissance de notre foi ! Les journaux débiteraient-ils tant de sottises sur le christianisme si les chrétiens étaient plus avertis et le leur faisaient savoir ? Réfléchissons sur ce point, en nous inspirant de ces quelques remarques d’Erasme :
« Puissent (les mystères révélés par le Christ) faire les conversations habituelles de tous les chrétiens, car nous valons à peu près ce que valent nos conversations quotidiennes ; que chacun saisisse ce qu’il peut, que chacun exprime ce qu’il peut. Que le second n’envie pas qui le précède, que celui qui est en tête encourage qui le suit au lieu de le désespérer. Pourquoi restreindre au petit nombre une profession commune à tous ?…Voici en effet qui est illogique : alors que le baptême – cette première profession de la doctrine chrétienne – est également commun à tous les chrétiens, alors que les autres sacrements, et pour finir la récompense de l’immortalité, s’appliquent également à chacun, seules les doctrines devraient-elles être réservées &a grave; cette poignée qu’on appelle généralement aujourd’hui théologiens ou moines ? »

Constat qui interroge. Comment y remédier?
A chacun d’y répondre.

CHEMIN DE CAREME 4: Prends pitié de moi, pécheur
19
03
2007

Le péché. Dire ce mot, c’est immédiatement être suspect : qui donc est ce redresseur de torts qui vient remuer notre conscience, nous étions bien tranquilles ainsi. Les plus anciens parmi nous diront : « Le péché, on n’en parle plus aujourd’hui ! Dans ma jeunesse, croyez-moi, le catéchisme nous en parlait beaucoup. » La confusion qui a pu exister entre la vie de foi et la morale a rendu étrange ce mot au point que certains ne veulent plus en parler, en entendre parler, même s’ils veulent poursuivre une vie de foi. « Prends pitié de moi, pécheur », c’est donc reparti pour une conférence culpabilisante, sur fond de dolorisme.
À lire la Bible, il est tout de même difficile d’ignorer ce terme, il est difficile de faire l’économie du péché lorsqu’on regarde l’histoire du salut depuis Adam jusqu’au Christ.
Réfléchir sur le péché est donc une nécessité pour vivre convenablement notre vie de foi, à la condition essentielle toutefois de lui donner sa juste place, rien que sa place – ni plus ni moins – et surtout de voir qu’il ne prend tout son sens qu’en lien avec la miséricorde de Dieu.

Sommes-nous capables de reconnaître notre propre péché?

L’histoire nous est connue, tellement connue que les protagonistes sont entrés dans notre vocabulaire : le bon et le mauvais larron. Relisons alors ce passage de l’Évangile selon saint Luc (au chapitre 23), et tâchons, à partir de ce récit, d’articuler au mieux le péché et la miséricorde :

L’un des malfaiteurs crucifiés l’insultait : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même et nous aussi ! » Mais l’autre le reprit en disant : « Tu n’as même pas la crainte de Dieu, toi qui subis la même peine ! Pour nous, c’est juste : nous recevons ce que nos actes ont mérité ; mais lui n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras comme roi. » Jésus lui répondit : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis.»

Étonnant récit dans lequel nous lisons qu’une phrase suffit pour insulter le Messie, pour blasphémer ; qu’une seule autre permet d’être sauvé par Jésus. Deux phrases, apparemment simples qui décident de l’orientation d’une vie, l’une ouvre au salut, l’autre non.
Il y a plus surprenant encore que la brièveté de ce récit. En effet, faisons bien attention et remarquons que le mauvais larron ne ment pas ! Ne dit-il pas que Jésus est le Messie ? Et Jésus l’est, c’est bien vrai. Le bon larron lui non plus ne ment pas, Jésus est innocent, il n’a rien fait de mal. Puisque l’un et l’autre disent la vérité, d’où vient alors que Jésus promet le paradis pour le jour même à l’un, alors qu’il reste muet avec l’autre ? S’il ne suffit pas de dire la vérité pour être sauvé, que faut-il de plus, qu’est-il requis ?

La réponse est en fait très simple, trop simple peut être. Il faut accueillir la miséricorde de Dieu, et cet accueil ne peut se faire qu’en reconnaissant son péché. Simple à dire, mais c’est terriblement exigeant, probablement douloureux, sûrement coûteux.

Il ne suffit donc pas de dire la vérité pour être sauvé, il faut accueillir la miséricorde de Dieu. En d’autres termes il ne s’agit pas de dire mais de vivre de cette vérité, l’assumer, se laisser pétrir par elle, l’avoir imprimée si profondément en soi qu’on peut alors la dire non pas du bout des lèvres, mais du fond du coeur en engageant tout notre être.
Vivre de cette vérité, vivre de la Vérité passe par la reconnaissance du péché, de notre péché. Reconnaître son péché c’est la condition pour laisser entrer en nous la Vérité, pour nous laisser toucher par l’infinie miséricorde de Dieu.
Tout ceci est très beau me direz-vous peut-être, mais qu’est donc ce péché qu’il faut reconnaître pour accueillir la miséricorde de Dieu ? De quoi s’agit-il ?

Regardons ce que dit notre bon larron : il commence par reprendre son compagnon de souffrance : tu n’as même pas la crainte de Dieu. Toi qui as commis un crime pour être ainsi châtié, tu ne respectes plus rien, pas même Dieu ! Tu t’adresses à Jésus en lui donnant le titre de Messie, de Christ, mais tu ne le fais qu’en méprisant. Tu souhaites qu’il se sauve et toi avec, mais tu attends un salut qui te fasse descendre de la Croix pour reprendre ta vie et continuer ce que tu as toujours fait.

Au fond, cette parole du mauvais larron n’est qu’une demie-vérité. Sa confession du Messie est superficielle ; ce pauvre larron n’a rien compris de ce qui est en jeu dans le salut que Jésus le Christ est venu nous apporter. Ne le jugeons cependant pas trop vite puisque le récit ne nous dit pas que Jésus l’envoie en enfer pour l’éternité, ne prenons pas ce risque. Gageons plutôt que lorsque Jésus s’écrie sur la Croix : « Père, pardonne-leur ils ne savent pas ce qu’ils font », cela concerne aussi ce mauvais larron. Il n’est en pas moins vrai que ce reproche du bon larron lui permet de se situer autrement par rapport à Jésus, ce reproche est pour le bon larron de reconnaître que Jésus est vraiment le Messie. Le bon larron, bien qu’il soit justement puni pour ses crimes, respecte Dieu, ou il en a l’intention.

Voulons-nous nous approcher de Dieu?

La crainte de Dieu, le respect de Dieu, voilà une porte d’entrée pour la miséricorde de Dieu. Le respect de Dieu, c’est bien déjà vouloir s’approcher de lui, et c’est le passage obligé pour entrer en relation avec lui, pour communier avec Dieu. Vouloir s’approcher de Dieu est la première étape pour la communion avec lui. Et cette communion avec Dieu exige de notre part une conversion. Se reconnaître pécheur, c’est faire le pas suivant de ce désir d’approcher Dieu, il marque le début de cette conversion. Il s’agit alors, dans cette conversion, ni plus ni moins de sortir de notre suffisance. Alors, nous seront prêts à attendre et accueillir ce que Dieu veut nous donner : son amour, sa miséricorde – la Vie.
Avant d’être de l’ordre de la morale, de la vertu, ce qui est en jeu dans le péché, c’est la rencontre, la disponibilité, la communion.

« Deux hommes montèrent au Temple pour prier ; l’un était pharisien et l’autre collecteur d’impôts. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : Mon Dieu je te rends grâce que je ne suis pas comme les autres hommes, qui sont voleurs, malfaisants, adultères, ou encore comme ce collecteur d’impôts. Je jeûne deux fois par semaine, je paie la dîme de tout ce que je me procure. Le collecteur d’impôts, se tenant à distance, ne voulait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis. Je vous le déclare : celui-là redescendit chez lui justifié, et non l’autre, car tout homme qui s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. »

Il y a bien plus dans cette parabole de Luc (18,9-14) qu’une leçon sur l’orgueil et l’humilité. Il est question d’une attitude fondamentale, profonde, préalable à toute rencontre et toute communion. Ce pharisien n’est pas seulement orgueilleux, il est suffisant puisqu’il a en lui sa perfection. Ce qui le distingue du collecteur d’impôts n’est pas le don reçu de Dieu ni l’accueil de son amour mais sa satisfaction personnelle, ce qui fait qu’il n’attend en réalité rien de Dieu car il tient sa perfection de lui seul. Il est par ailleurs envisageable que ce qu’il dise soit vrai, peut-être est-il juste, parfaitement vertueux. Et s’il retourne chez lui sans être justifié, ce n’est même pas tant parce qu’il juge l’autre et lui-même devant Dieu, c’est parce qu’il passe à côté de l’essentiel : la rencontre de Dieu.

C’est que Dieu ne veut pas de la perfection du pharisien ! Si elle referme l’homme sur lui et le rend inaccessible à toute rencontre, elle est parfaitement inutile. La perfection que Dieu nous offre, celle qu’il veut pour l’homme, c’est celle de la relation qui conduit à la communion. C’est la perfection de l’amour dont il s’agit, et d’aucune autre !

« Prends pitié du pécheur que je suis » : cela signifie se mettre en disposition pour rencontrer celui qui, par son pardon, peut nous conduire à la réconciliation, à la vie de communion. Pécheurs, nous le sommes, mais pas au sens que nous sommes découragés parce que nous ne sommes pas à la hauteur, que nous n’arrivons pas à suivre tous les commandements, que nous sommes extrêmement coupables, qu’il nous faut prendre une mine déconfite et triste pour bien signifier notre médiocrité, notre nullité. D’ailleurs, le risque d’être paralysés devant Dieu, de craindre le jugement des autres parce que nous ne sommes pas parfaits existe aussi, ce risque n’est que le revers de la médaille de la perfection que nous n’arrivons jamais à atteindre.

Mais ce n’est pas cette perfection que Dieu nous offre, ni cette médiocrité qu’il nous reproche. En effet, le péché n’est pas l’opposé de la vertu, le péché n’est pas d’abord un manquement à l’observation de la loi ; il peut en effet colorer même les vertus, même l’apparence la plus noble et la plus parfaite. Être pécheur c’est d’abord et avant tout vouloir faire de moi-même le centre du monde, c’est vouloir être soi-même par soi-même, et tout ramener à soi devant les autres, tout, y compris Dieu lui-même.

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CHEMINS DE CAREME 3: suite
11
03
2007

Le fils aîné

Et il leur partagea les moyens d’existence.
Nous connaissons la présence d’un autre dans la famille, mais cet autre reste dans l’ombre du partage pendant 15 versets.
Mais son fils aîné était au champ. Et quand, à son retour, il s’approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses et ayant appelé un des serviteurs, il lui demandait ce que cela pouvait bien être.
Quand le fils aîné entend la musique et les danses, plutôt que de courir voir ce qui se passe, il interroge un serviteur. Il se tient à distance, intrigué et méfiant : ces fêtes qui se font sans lui ne sont pas pour lui.

Il lui dit : « Ton frère est là, et ton père a tué le veau gras parce qu’il l’a reçu en bonne santé ».
La réponse du serviteur est étonnante : ce n’est pas un être famélique et décharné qui arrive d’un pays où règne la famine, mais un fils en bonne santé que le père accueille. Il n’est pas question d’hygiène sanitaire et alimentaire, mais de reconnaissance du fils, de restauration dans la dignité de fils. Pour ce fils reçu en bonne santé, un veau gras est tué.

Alors il fut pris de colère et ne voulait pas entrer. Mais son père, étant sorti, le suppliait. En réponse, il dit à son père : « Voilà tant d’années que je vis en esclave pour toi et jamais je n’ai passé outre à un ordre de toi, et à moi tu n’as jamais donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis. Mais quand ton fils, celui-ci, est arrivé, lui qui a dévoré tes moyens d’existence avec des prostituées, tu as tué le veau gras pour lui ! »
Alors il lui dit : « Enfant, toi tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait se réjouir et être joyeux, parce que ton frère, celui-ci, était mort et qu’il est venu à la vie, perdu et il a été trouvé ! »

Le père avait partagé l’héritage entre les deux fils, et vivait de l’usufruit de ce qui restait à l’aîné. Or, sans en parler à son aîné, le père décide de tuer le veau gras alors qu’il n’a jamais rien donné à l’aîné pour qu’il puisse faire la fête avec ses amis.

L’explosion !

La coupe est pleine : l’aîné éclate et laisse venir au jour tout le ressentiment qui lui rongeait le coeur. Jusqu’ici, il s’est interdit de vivre pour lui-même (« je vis en esclave pour toi »), et a vécu soumis (« je n’ai jamais passé outre à un ordre de toi »). Cela alors que le père a laissé l’autre fils partir sans lui faire de reproche, lui donnant tout ce qu’il réclamait sans rien dire.
Le scénario qui se déroulait dans la tête de l’aîné est projeté sur grand écran et le sentiment d’exclusion apparaît en clair.

Le père n’a pourtant jamais demandé à son fils de vivre comme un esclave. Mais l’aîné a joué un rôle qu’il s’imaginait devoir tenir : ne se considérant pas tout à fait fils, il espérait, à force d’esclavage, finir par mériter ce nom de fils, et pouvoir avoir accès à ce qui lui était jusqu’alors interdit.
D’où les récriminations : il reproche à son père de lui refuser toute réjouissance. Tu ne m’as jamais donné ce qu’il faut pour que je sois heureux. Pourtant le fils aîné n’était pas exigeant, un seul chevreau lui suffisait. Même cette petite requête – jamais dite – lui a été refusée : comme si son père, jusqu’ici, l’avait interdit de joie.

Le fils aîné interdit de joie !

Cette revendication tragique de l’aîné montre combien il se sent exclu de la vie de son père, combien il n’a de fils que le nom. Son père fait bombance avec le fils cadet, mais lui, l’enfant aîné, est dehors.
Ce même fantasme d’un avoir, d’une chose qui pourrait faire accéder à plus de vie, plus d’être, nous le retrouvons chez les deux fils. Tous les deux imaginent une surabondance du père, de nourriture, de réjouissance. Surabondance qui leur est comme interdite. Pour eux, leur père est détenteur d’une richesse de vie. C’est ce même réflexe qui fait croire à Adam et Ève, dans le jardin d’Éden, que Dieu est comme un rival, alors même qu’il a fait le jardin d’Éden spécialement pour eux.

La jalousie

L’aîné découvre que c’est son frère qui occupe la place que lui pensait mériter auprès de son père. Le premier jugement moral de la parabole porté sur la conduite du fils cadet, c’est l’aîné qui le porte. La jalousie détruit la fraternité, lorsqu’elle se manifeste : il ne sait pas ce que son frère a fait, mais il imagine ce qu’il a pu vivre. Le gaspillage du fils cadet et du père prodigue l’exaspère au plus haut point. Ces manières de faire ne rentrent pas dans sa logique du mérite. Pour l’aîné, les choses se méritent. Le cadet et le père font l’expérience que les relations sont données.
Pour l’aîné, le festin serait le moyen d’entrer dans la joie. Pour le père, le festin est seulement un signe de la joie d’une relation recréée.

Cette réaction du frère aîné, nous pouvons être tentés de la condamner parce qu’elle est un rejet de l’autre. Mais si nous changeons de perspective, nous pouvons nous en réjouir. Ce n’est pas le sentiment que nous préférons voir se manifester en nous ou autour de nous, mais c’est bon qu’il sorte enfin ! L’expression de la jalousie du fils lui permet de dire ce qui lui rongeait le coeur depuis tant d’années. Elle est comme un premier pas hors du tombeau où il était emmuré.

Le père dans la parabole

Si nous reprenons les différents éléments que nous avons pointés en lisant notre texte, nous voyons au début de la parabole, que le père n’est pas l’image du père idéal :
Il ne dit rien au départ de son fils. Son cadet lui adresse la parole, « père », mais lui n’ouvre pas la bouche. Entre eux, il y a comme une relation tronquée. Il n’est pas question au début de la parabole de rupture, parce qu’il n’y avait pas de relation.
Le père est situé au même niveau que sa progéniture : il est présenté par ce qu’il possède. Les deux fils s’attachent l’un à son héritage, l’autre au chevreau qui ne lui a jamais été donné. Le père a deux fils. Il a deux fils mais il n’est pas père.

Le père du fils cadet

Le père lui aussi, comme le cadet, suit un chemin. Sa route débouchera quand il pourra dire de son fils : « Il était perdu et il a été trouvé », et non « Je l’avais perdu et je l’ai retrouvé ».
Il a fallu que le fils parte au loin, il a fallu de la distance, pour que le père commence à voir son fils. Nous parlions plus haut de solitude apprivoisée, assumée. Le père l’a expérimentée en voyant son fils partir. Il a pu mesurer que son fils ne lui appartient pas, qu’il n’est pas sa chose, et qu’il n’a pas pu l’empêcher de partir. Si le père avait de quoi vivre dans l’aisance, il n’était pas tout-puissant.
Alors, nous voyons pour la première fois le père touché par le dénuement de son fils. Saisi aux entrailles, nous dit le texte, le père court vers son fils. Le père a changé, il découvre combien son fils attend quelque chose de lui.

Quoi ? Le fils ne le sait pas bien. Il vient avec sa culpabilité, encombré de lui-même. C’est le père qui trouvera la réponse, par ses gestes : courir se jeter à son cou, se pencher, l’embrasser, pour manifester sa joie de voir le fils revenu. Cela le père ne le fait pas avec la dignité qui siérait à un homme installé dans l’existence, mais il le fait dans l’urgence (la course ; vite ! les impératifs). Il est urgent d’accueillir tout de suite, sans attendre, le fils qui revient. Il est urgent de ne pas permettre à la culpabilité, à la justification de s’interposer entre le fils et le père. Il est urgent que le fils devienne fils et que le père devienne père.

Le père du fils aîné

Le père a été transformé par l’attente et le retour du fils cadet. Nous le voyons dans sa manière d’être avec le fils aîné : il vient au dehors rejoindre son fils, qu’il supplie en lui disant « enfant ». De même que le départ du fils au loin a redonné vie aux entrailles du père, de même la distance que garde l’aîné rend possible la relation avec le père. L’aîné se décolle du père, il sort de son ombre en restant délibérément hors de la joie, de la communion.
Le père rappelle qu’il y a un lien qui les unit encore maintenant – « Tu es toujours avec moi et ce qui est à moi est à toi » – mais l’aîné, lui, est dans sa logique de mérite : « Voilà tant d’années que je vis en esclave pour toi et jamais je n’ai passé outre à un ordre de toi, et à moi tu n’as jamais donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis ».

Ici le père ne se justifie pas, il essaie d’amener l’aîné à un autre niveau de relation. À la question « À moi qu’as-tu donné ? », le père répond par « Toi, tu es toujours avec moi ». À l’absolu de l’avoir exigé par le fils, le père répond par l’absolu de la relation.
Les deux fils sont invités à rentrer en communion avec le père. À la culpabilité que le cadet veut présenter, le père répond par des baisers. À la possession exclusive de l’aîné, le père répond en parlant de communion.

La promesse de la joie dans le Nouveau Testament

La joie malgré la souffrance

Le thème de la joie court dans ce chapitre 15 de l’Évangile selon saint Luc à propos de ce qui était perdu et de ce qui est retrouvé. Nous l’avons vu, c’est bien de joie qu’il est question pour le père. Cette joie est offerte au cadet, et elle devient accessible pour l’aîné pour peu qu’il continue sa route.
Pour les trois, l’accès à la joie est possible alors même que la souffrance n’a pas disparue :
Nous ne savons pas si le fils cadet trouvera sa place comme fils, même si elle lui est offerte.
Nous ne savons pas non plus si le fils aîné arrivera à apprivoiser sa solitude pour, à travers elle, accéder à la communion avec le père.
Le père est dans la joie parce qu’il voit son fils retrouvé, mais son aîné reste encore au-dehors.

Dans le Nouveau Testament, notamment dans les écrits de saint Jean, Jésus parle de cette joie qui est liée à la communion. Jésus invite les disciples à entrer dans cette joie, au moment où il voit s’approcher l’heure de la passion :
« Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète » (Jean 15,11).
« Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit complète » (Jean 16,24).
« Mais maintenant je viens vers toi et je parle ainsi dans le monde, afin qu’ils aient en eux-mêmes ma joie complète » (Jean 17,13).

Il est difficile de trouver le chemin qui permet d’accéder à cette joie. Il semble inaccessible, ce terrain qu’a trouvé Paul quand il dit dans sa Lettre aux Romains (8,31-39) :
« Que dire après cela ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? […] Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ? […] Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur. »

Déjà le psalmiste, auteur du Psaume 50, le disait à sa manière : « Rends-moi la joie d’être sauvé ». L’alliance que Dieu propose aux hommes est mal accueillie. L’homme peine à rentrer dans cette communion avec Dieu qui libère.

Qu’en est-il pour nous aujourd’hui ? Pourquoi la joie que Jésus vient apporter à ses disciples n’est-elle pas davantage manifestée ?
Nous l’avons dit plus haut : la joie n’est pas synonyme d’absence de souffrance. Il est possible au père d’être dans la joie, alors même qu’au moins un de ses fils a bien du chemin à faire. Il est possible à Jésus d’être dans la joie, grâce à sa communion complète avec le Père, alors même qu’il devine que cette communion va être éprouvée jusqu’à la mort, qu’il fait l’expérience de la faiblesse des Apôtres qu’il a choisis. La joie que promet le Christ à ses disciples n’est pas le bonheur, compris au sens de tranquillité et de confort, elle n’est pas non plus la paix. C’est bien ce que dit saint Paul, à sa manière.

Cette joie s’enracine dans une communion forte avec Dieu. Voici un autre exemple pour comprendre davantage ce qu’elle peut être. L’auteur, Etty Hillesum, est au chevet d’un ami très cher qui vient de mourir, dans un camp de transit pour être déportée :

« Tout se passe quelque part au-dedans de moi, il y a là de vastes hauts plateaux sans temps ni frontière et tout se passe là. Et me revoilà parcourant ces quelques rues. Comme je les ai prises souvent, et souvent avec lui, plongée dans un dialogue fructueux et passionnant. Et comme je les prendrai encore, où que je sois au monde, en sillonnant les hauts plateaux intérieurs de la vraie vie. Attend-on de moi que je me compose un visage triste ou de circonstance ? Mais je ne suis pas triste ! Je voudrais joindre les mains de bonheur et de gratitude, je trouve la vie si belle et si riche de sens. Mais oui, belle au chevet de mon ami mort et où je me prépare à être déportée d’un jour à l’autre vers des régions inconnues. Mon Dieu je te suis reconnaissante de tout. Je continuerai à vivre avec cette part du mort qui a vie éternelle et je ramènerai à la vie ce qui, chez les vivants, est déjà mort : ainsi n’y aurait-t-il plus que la vie, une grande vie universelle, mon Dieu. »

Le sentiment de l’exclusion et le réflexe d’exclusion

Dans ce texte, comme dans le passage de la Lettre aux Romains, la joie est liée à la communion. C’est parce qu’il y a une communion que la joie est présente. Il s’agit d’une communion avec Dieu, que les épreuves ne peuvent troubler. Mais il est difficile d’entrer dans cette communion. En effet, nos existences sont beaucoup plus marquées par des expériences d’exclusion que de communion. Dès la naissance, il nous faut apprendre à nous séparer de notre mère. Elle est la première avec qui nous avons à ajuster notre relation. Plus tard, ce travail est à reprendre avec nos proches, tous ceux que nous pouvons rencontrer. Cette recherche d’ajustement n’est pas des moindres, c’est celle à laquelle vous comme moi, nous travaillons.

Dans ce travail, il y a l’ajustement aux autres, mais aussi l’ajustement à soi, à celui que je suis, en vérité. Qui d’entre nous n’a fait l’expérience de la faute, ne s’est posé la question du sens de l’échec, n’a eu à apprivoiser sa solitude ? Ces trois domaines d’expériences sont comme des lieux où nous nous révélons à nous-mêmes : à travers eux, nous mesurons que nous ne vivons pas ce que nous voulons, que nous sommes comme hors de la vie que nous voudrions mener.

Ce sentiment d’être à côté, d’être exclu, alors que d’autres semblent tellement vivre la vie qu’ils veulent mener, appelle facilement la tentation d’exclure l’autre. En effet, à défaut de sortir de ce sentiment d’exclusion, en excluant à mon tour, je reprends la main, je subis moins. Je suis moins une victime passive.
Le fils cadet, marqué par ce sentiment d’exclusion, va exclure à son tour, mais au lieu d’exclure les autres, c’est lui-même qu’il exile. C’est encore le sentiment d’exclusion qui fait dire à l’aîné : « Tu ne m’as jamais rien donné », alors que son père lui avait donné sa part d’héritage. Et en restant hors du lieu de la fête, le fils exclut le père qui le supplie.

De l’exclusion à la communion

Avec l’actualité, nous entendons beaucoup parler d’exclusion, et de lutte contre l’exclusion. Beaucoup d’énergie et d’argent y sont consacrés.
Depuis longtemps, Dieu s’est lancé dans cette lutte contre l’exclusion. Tout au long de l’histoire, il s’est efforcé de s’approcher de l’homme, tenté de vivre sa vie selon ses envies, en tenant à distance son Créateur. Avec des alliances sans cesse reprises, Dieu a lutté contre cette réclusion. Pour en venir à bout, il s’est lui-même fait homme, il est venu habiter parmi eux pour être au milieu d’eux. Il vient vers les hommes perdus dans leurs existences creuses et vaines. Il propose de recréer une relation, en commençant par les pauvres et les pécheurs. Encore maintenant, par son Esprit, dans l’Église, il continue à travailler pour que les hommes retrouvent le chemin de la communion.

Pour sortir de cette logique stérile et mortelle de l’exclusion, il nous faudra un témoin compatissant, qui témoignera d’une bienveillance inconditionnelle et aimante. Il tendra la joue à celui qui le frappera, il accueillera le fils perdu dans sa quête insensée. Celui-là est capable de mettre à distance sa souffrance, ses blessures, tout en restant attentif à l’autre ; il accepte de voir souffrir l’autre, de se laisser toucher par sa souffrance, tout en restant proche. Pour cela un début de communion devient possible ; avec elle, la joie peut venir, simple, discrète, mais tangible et réelle.

Ce qui est possible aux hommes faillibles l’est à plus forte raison à Dieu. Saint Paul, Etty Hillesum témoignent de cette rencontre avec Dieu qui – c’est là notre foi – ne fait pas défaut. Ils ont su s’appuyer sur cet amour de Dieu qui a été leur roc, leur force, quand bien même leurs vies ont été éprouvées jusqu’au bout.
Ceux-là ont découvert une certitude d’exister pour Dieu, certitude indestructible qui ouvre à un sentiment de plénitude de vie, qui jaillit dans le coeur en joie, et en action de grâce. Par leur témoignage, ils nous invitent à entrer dans la joie du Père.

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CHEMINS DE CAREME 3: Entre dans la Joie de ton Maître !
11
03
2007

Le frère Antoine de la Fayolle, trente-neuf ans, est le maître des étudiants de la Province dominicaine de France, au couvent de Lille. Il a été aumônier d’étudiants à Rennes. Il a prêché, l’année dernière, la retraite communautaire de l’Abbaye bénédictine de Ker Moussa, au Sénégal.

Le salut nous est donné par le Christ. Nous est donné et non nous sera donné par le Christ. Pourquoi cette affirmation centrale est si peu une certitude pour nous ? Pourquoi ne vient-elle pas davantage transfigurer nos existences ? Pourquoi est-il si peu évident que nous sommes invités à entrer dans la joie du Père ?
Dans notre démarche de retraite, je voudrais, avec vous, mieux comprendre ce qui peut faire obstacle à l’accueil du salut, à l’entrée dans la joie qu’il procure. Pour cela, je vous propose, dans un premier temps, de relire la parabole de l’enfant prodigue (Évangile de Luc, 15,11-32). Je vous propose d’entendre cet Évangile, non comme une histoire de conversion, mais comme une histoire de perte et de retrouvailles au coeur d’une famille ; une famille où le père ne serait pas d’abord la figure de Dieu, mais la figure d’un père ordinaire.

Le fils cadet

Un fils en manque

Et [Jésus] dit : Un homme avait deux fils. Et le plus jeune dit au père : « Père, donne-moi la part de bien qui m’échoit ! » Et il leur partagea les moyens d’existence.
Pourquoi donc le fils cadet éprouve-t-il le besoin de quitter la maison paternelle ? Le texte ne donne aucun motif. Ce n’est pas parce qu’il est chassé, ce n’est pas parce qu’il y a des tensions dans la famille. Je vous propose de partir de l’hypothèse que ce fils est en manque. Il part parce qu’il recherche quelque chose qu’il ne trouve pas chez lui.

Même si le texte est assez sobre, nous pouvons noter plusieurs manques :
Un premier manque, c’est l’absence du père. Il a un géniteur qui lui donne de l’argent, sa part d’héritage, mais il n’a pas un père qui se préoccupe de son départ, qui s’inquiète de l’avenir de son fils, qui lui pose des questions sur ce qu’il va faire.

Un autre manque, c’est l’absence d’une mère. Elle n’est pas mentionnée, qu’elle soit morte, inexistante ou insignifiante.

Un autre manque encore, c’est un frère qui existe à ses yeux. Nous connaissons l’existence de ce frère parce que la parabole précise dès la première phrase du récit que « un homme avait deux fils ». Mais le cadet n’adresse pas la parole à son aîné.
Ces manques génèrent une souffrance suffisamment aiguë pour le pousser au départ. La pauvreté du cadet, liée au manque, n’est pas d’ordre économique, mais davantage de l’ordre de la relation : ni père, ni mère, ni frère.

Un fils en recherche qui se perd

Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout rassemblé, s’absenta dans un pays fort lointain.
Pour combler ces manques qui sont de l’ordre de la relation, le cadet rassemble tous les biens dont il est propriétaire et il part au loin : dans un pays fort lointain, précise le texte. Comme s’il voulait mettre à distance ses manques, sa pauvreté, ou qu’il pensait trouver mieux ailleurs !
Et là, il dispersa son bien en vivant de façon désespérée/sans porte de salut.
Et, dans ce pays, il dépense non seulement son bien, mais beaucoup plus que son seul argent : le texte grec spécifie qu’il disperse son ousia, son être tout entier, sa nature. Ce n’est pas seulement son portefeuille qui se vide, mais quelque chose de son existence propre est comme engloutie. Quelque chose en notre cadet fond comme de la neige au soleil.
Dans notre société de consommation, nous savons bien qu’il y a une manière de dépenser qui vient compenser un manque intérieur. C’est ce qu’il fait : il fait chauffer la carte bleue sans beaucoup de sens, sans but, comme pour oublier.
Quand il eut tout dépensé, une forte famine survint dans ce pays, et lui, il commença à être en manque.
Son bien épuisé, le manque devient manifeste. Son estomac crie famine, son être aussi. Tous les manques qu’il avait fuis le rattrapent. La distance n’a pas comblé l’absence de relations. Le lieu de la profusion qu’il avait cru avoir trouvé se révèle être un espace sec. Au-dehors, comme au-dedans, le cadet vit dans la désolation, et commence à en être conscient.

Et il alla s’attacher à l’un des citoyens ce pays et [celui-ci] l’envoya dans ses champs nourrir des cochons. Et il désirait se bourrer [littéralement : être bourré] des caroubes que mangeaient les cochons, et personne ne lui donnait.
Nous avons la description du naufrage : le cadet, tel une épave, vient s’échouer parmi les porcs, animaux impurs par excellence pour les juifs. Sa pauvreté physique lui permet de prendre conscience de sa solitude, de son exclusion des relations humaines : Personne., personne ne lui donnait. Pas d’attention, pas un regard, il est comme invisible parmi les hommes, coupé, retranché des vivants : il est devenu un mort vivant.
Et, venant en lui-même, il disait : « Combien de salariés de mon père ont du pain en surabondance, et moi de famine je suis perdu ici ! »
Du fond de sa solitude, dans son tombeau, il se souvient de chez son père. Là-bas, les gens vivent dans la surabondance.

En quittant la maison de son père, il a fui le monde des hommes. Que trouve-t-il ? « Avec personne, je suis perdu ici ! » C’est son désir de vivre qui lui fait pousser ce cri. Perdu, mais pas mort ! Il fait l’expérience de ne plus rien avoir, et de pourtant rester en vie. Il a dévoré son ousia, et ne tombe pas pour autant dans le néant. Il commence à comprendre que, hors de la communauté des hommes, son désir ne peut être rassasié.
Dans son retournement intérieur, il dit que les ouvriers de son père ont du pain en surabondance. Mais comment le sait-il en cette période de famine ? Enfermé dans sa détresse, dans sa souffrance, le cadet imagine ce que les autres ont. Au lieu de voir qu’il s’est mis dans une impasse, il se pose en victime ; et il attribue aux autres tout ce qui lui manque. Les autres vivent dans la surabondance chez mon père, moi je suis dehors dans le dénuement.

Le fils qui retrouve le chemin de la communion

Je me lèverai et irai chez mon père et lui dirai : « Père, j’ai péché contre le ciel et en face de toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes salariés ! »
C’est son désir de vivre, toujours, qui le pousse à se lever, et à aller chez son père. Bien sûr, ses motifs de retour ne sont pas tellement nobles, c’est la famine surtout qui le pousse ! Il sent bien malgré tout que le salut est chez son père.

L’Évangile ne mentionne aucune faute et reste neutre sur l’attitude du cadet. D’où lui vient donc ce sentiment de culpabilité ? Il cherche, plus ou moins consciemment, une part de responsabilité à sa souffrance, une explication. Nous connaissons bien cela, c’est insupportable de souffrir sans savoir pourquoi ! L’enfant battu par son père alcoolique dira que c’est de sa faute parce qu’il n’avait pas de bonnes notes à l’école. C’est parce que ce cadet se considère exclu qu’il cherche une faute qui expliquerait son sentiment d’exclusion. Il la trouve en partie dans le fait qu’il garde les porcs, hors du monde des hommes qui ne le voient plus.

La miséricorde

Prenons un peu de recul par rapport à la parabole, en reprenant l’ensemble du chapitre 15 de l’Évangile selon saint Luc. Dans ce chapitre dit « de la miséricorde », Jésus se voit reprocher sa proximité avec les pécheurs et les publicains. En réponse à cette accusation, Jésus raconte trois paraboles : la brebis perdue, la drachme perdue et le fils perdu.
Dans ces trois histoires, nous trouvons les mêmes étapes : une perte, une quête, la joie du recouvrement. La perte : la brebis, la pièce de monnaie et le cadet. La quête : le berger se met en route, la femme balaye la maison, le père espère le retour de son fils. Le recouvrement : le berger retrouve sa brebis : « Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, ma brebis qui était perdue ! » La femme retrouve sa pièce : « Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, la drachme que j’avais perdue ! » Le père retrouve son fils : « Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ! Et ils se mirent à festoyer ».

Comme je vous le proposais, lisons cette parabole de saint Luc comme une histoire de perte et de retrouvailles.
Notre cadet est perdu, perdu pour son père, pour son frère, pour sa maisonnée. Pour lui, perdition et exclusion vont de pair. Depuis le début, même vivant chez son père, le fils vivait en exclu. Le fait de quitter la maison va manifester cette exclusion : il s’isole lui-même, va jusqu’au bout de sa logique d’isolement, et constate qu’il est perdu, seul, alors que les autres partagent une vie pleine, ensemble.

En retournant chez son père, c’est la communion qu’il veut recevoir. Il vient vers son père, mais quelque chose a changé depuis qu’il s’est levé, après être rentré en lui-même. Il n’est plus le fils qui réclame sa part d’héritage comme un dû ; c’est un homme que la connaissance de lui-même a rendu humble et vrai, un homme qui a le sentiment d’avoir perdu sa dignité de fils ; il comprend qu’il ne la mérite pas. Nous avons là le premier pas qui rend possible la communion : une communion ne se mérite pas, elle est relation donnée. La communion est de l’ordre de la gratuité. Parce qu’il renonce à son titre de fils, il devient capable de le recevoir. Et le père peut retrouver son fils.

Et s’étant levé, il alla vers son père. Or, comme il était encore à distance, au loin, son père le vit et fut ému aux entrailles, et il courut se jeter à son cou, et se pencha pour l’embrasser.
Dans la géographie des relations humaines, quelque chose a changé : c’est pour cela que le père est là quand son fils revient, que son attitude est si vivante et humaine. Je ne pense pas qu’il faille comprendre cette présence au sens physique, comme si le père s’était installé dans une tour de veille, et passait ses jours et ses nuits à guetter le retour du fils. J’y vois comme un apprivoisement de la solitude par le père, comme par le fils.

La distance n’est pas tant kilométrique que prise de recul par rapport à l’autre. Pour que naisse la compassion du père, il a fallu que le père et le fils se soient distanciés, soient rentrés chacun dans sa solitude et l’aient apprivoisée. La prise de distance et la vue de son fils souffrant et vulnérable sont deux clefs qui ouvrent le père à la compassion.
Le fils lui dit : « Père, j’ai péché contre le ciel et en face de toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ».
Le fils a bien préparé son discours, il s’est cadenassé dans une culpabilité en béton. Coupable devant Dieu (le ciel) et devant son père, il proclame son indignité.

Mais le père dit à ses esclaves : « Vite, sortez le plus beau vêtement (littéralement : le premier) et habillez-le, donnez un anneau dans sa main et des sandales pour ses pieds et apportez le veau gras, tuez-le, mangeons et réjouissons-nous parce que celui-ci, mon fils, était mort et il a repris vie, il était perdu et il a été trouvé ». Et ils commencèrent à se réjouir.
Le père n’écoute pas ce que dit son fils, il n’essaye pas de lui parler : par ses gestes, il casse cette logique de mérite, ou de déshonneur, à laquelle s’accroche le cadet. L’heure n’est plus aux paroles, mais aux gestes qui peuvent dire beaucoup plus. Il lui donne le plus beau vêtement de fête (le smoking), le sceau (la carte bleue de l’époque) et des sandales (les esclaves marchaient pieds nus).
Revenant sans revendiquer son titre de fils, le fils accède à sa dignité. Et aussi, en devenant fils, il donne à son géniteur de devenir réellement père.

CHEMINS DE CAREME 2: OUVRE LES YEUX ET REGARDE!
6
03
2007
Ouvre les yeux et regarde !

Le frère Yves Combeau, trente-cinq ans, est historien de formation (sa thèse de l’École des Chartes portait sur le règne de Louis XV). Il vit à Paris, au couvent de l’Annonciation. Ses recherches actuelles portent sur l’histoire politique du 18e siècle. Il est aussi accompagnateur de dirigeants chrétiens et d’hommes politiques, et aumônier de scouts. Il est le secrétaire général de la Province dominicaine de France. Il a publié un roman, La Porte du Nord (Paris, Editions du Cerf, 2000).

Il y a quelques années – nous en avions vingt au plus –, nous pérégrinions vers Conques ou Saint-Jacques. Et nous chantions en chemin : « Je veux voir Dieu ».
Je veux voir Dieu,
Le voir de mes yeux,
Joie sans fin des bienheureux,
Je veux voir Dieu…

Ce chant est un canon et il se répète indéfiniment.
« Je veux voir Dieu ». Eh bien ! J’ai fini, était-ce sur l’Aubrac ou dans les combes du Cantal, par me dire que ces paroles étaient fausses.
Je ne voulais pas voir Dieu. Je voulais voir, oui, mais voir Dieu ?
Ce que je voulais voir, à vingt ans, c’était le bonheur. Il me semble que beaucoup de chrétiens, que la majorité des chrétiens, ressemblent un peu au garçon que j’étais. C’est leur bonheur qu’ils veulent voir.
Et j’avais le sentiment de ne pas le voir. De buter. Contre des voiles, des obstacles, des inaboutissements. Tout près : trop loin.

On peut être, pour citer Péguy parlant de sa propre jeunesse, cet « ardent, sombre et stupide jeune homme » et avoir raison. Il me semble que j’avais raison. Habitués que nous sommes, fils et filles de l’Occident, au silence de Dieu, à la grisaille des églises, à l’inexpressivité de la liturgie et à l’inconfort de la foi, nous nous résolvons peut-être trop vite, passés nos vingt ans, à ne plus voir. Une vie d’aveugle s’engage, dont le mérite est grand, mais aussi l’aridité.

Être aveugle est une malédiction

Or l’Évangile est rempli de gens qui veulent voir. Ils se pressent, ils s’agglutinent même autour de Jésus. Des simples, des anonymes, des foules, qui redemandent des miracles, mais aussi des savants et des lettrés, les pharisiens auxquels la multiplication des pains ne suffit pas. Être aveugle, dans L’Évangile, est une malédiction.

Il faut voir et Jésus fait voir.
Les Mages viennent de loin pour voir.
Syméon se réjoui d’avoir vu.
Zachée, qui est petit, monte sur un arbre pour mieux voir.
De nombreux aveugles sont guéris et, ce qui revient presque au même, des sourds entendent.
Sur la montagne, les disciples voient ce qu’ils n’avaient encore jamais vu.
À l’approche de sa Passion, Jésus dit : « Bientôt, vous ne me verrez plus… »
Quand elle rencontre l’homme dans le jardin, Marie-Madeleine ne voit d’abord que le jardinier ; puis ses yeux s’ouvrent et elle voit le Christ. Alors elle court annoncer la nouvelle.
Saint Jean conclut son Évangile par : « Ce que nos yeux ont vu, ce que nos oreilles ont entendu, nous vous le rapportons. »

Souvent, donc, nous entendons, ou nous pensons entendre, mais nous ne voyons pas, ou nous pensons ne pas voir.
Certes, saint Jean dit aussi : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu », mais ne reconnaît-on pas là le préambule des Béatitudes : « Heureux ceux qui souf­frent… » ? Les Béatitudes sont paradoxales et cette parole ne l’est pas moins. Nous nous accrochons à elle parce que nous ne voyons pas, nous qui voudrions voir. Mais, pas plus qu’il n’est bon de souffrir, il n’est pas bon d’être aveugle. Il est admirable de croire sans voir, mais il est meilleur de voir.

Dans le monde de parole qu’est l’Évangile, ce monde de maîtres et de dis­ciples, de scribes et de légistes, d’écriture et de témoignage, il semble donc que le regard et la vue ont un rôle, une place propre. Nous, chrétiens, nous parlons et nous écoutons. Nous sommes disciples par les mots et les idées, qui reflètent le Verbe. Mais qu’en est-il de nos yeux ? Si nous voyons, que voyons-nous ?

Voir le désert, voir la création

Et puisqu’il n’est pas bon d’être aveugle, ouvrons les yeux, et voyons.
Il est dit que nos yeux cherchent Dieu. Cherchons-le.
Où peut se trouver le Seigneur ? Ceux qui le cherchent par toute leur vie vont souvent le quérir au désert. Fort bien, allons-y. Et avant de parler d’un désert figuré, parlons d’un désert au sens propre.
Qu’y a-t-il dans le désert ? Rien ? Pas exactement. Il y a une quantité consi­dérable de pierraille et de sable, du soleil, du vent, quelques touffes d’alfa et, parfois, l’oreille passante d’un fennec. C’est peu. C’est surtout, tout ceux qui sont revenus du désert en témoignent, inhumain. Le paysage du Sahara est inhumain. Sa vastitude effraie. Les repères manquent. On n’est pas chez l’homme.

Ce paysage sans humanité, c’est la Création. La Création est partout visible sur la Terre, mais au désert, l’homme ne l’a pas remaniée, fût-ce pour l’embellir ou la rendre plus habitable. Le désert est l’œuvre de Dieu seul. À l’état brut. Ici tout est de Dieu, il a tout fait et l’homme rien. Même le temps, les entassements de millénaires qu’il a fallu pour faire le désert, est de Dieu et non de l’homme. Le désert sort des mains de Dieu.
Il nous montre Dieu — c’est un spectacle désarçonnant — dans une nudité primitive. L’expérience spirituelle du désert est très forte. Le contact avec le divin est immédiat, même s’il est un peu effrayant. Tous les voyageurs du désert, de Charles de Foucauld qui y cherchait Dieu à Saint-Exupéry qui ne l’y cherchait pas, mais l’y pressentait, ont vu quelque chose de Dieu dans le désert.

Mais Dieu se donne à voir en toute la Création et, à sa façon, toute créature sauvage nous parle de Dieu comme le désert. Le renard qui, à cet instant, maraude sur les voies abandonnées du chemin de fer de banlieue, le marronnier qui est devant ma fenêtre, le merle qui cherche une pitance hivernale. Le renard me parle par son intelligence, sa résistance, la beauté de son regard et de son corps ; le marronnier me parle par sa durée, par l’organisation mathématique et harmonieuse de ses branches, par la patience de sa sève ; le merle me parle par la musique ténue de son chant, par son plumage de jais, par son œil moqueur.

Tous disent quelque chose de l’intelligence, de l’ingéniosité, de la beauté de Dieu. Miroirs modestes, mais miroirs divins. C’est le trait de génie — « trait » au sens antique : coup de tonnerre — de saint François d’Assise que d’avoir déchiré pour nous le voile qui recouvrait, depuis l’extinction du paganisme, le miroir de la Création. Oui, il y a littéralement un visage naturel de Dieu. Se promener, regarder l’oiseau, le poisson, la mer, la forêt, c’est déjà ouvrir son regard sur Dieu.

Les religions païennes d’Occident, particulièrement la religion romaine, étaient des religions naturelles. Les Romains respectaient, plutôt qu’ils ne les véné­raient, les bois, les eaux, les carrefours, le vol des oies, les bouches des cavernes, parce qu’ils leurs parlaient des effrois primitifs, de la vie, des rencontres, du destin et de l’au-delà. Rien n’est moins intellectuel que la religion romaine ; loin de recouvrir le miroir de la divinité par la réflexion abstraite, les Romains se sont contentés de donner des noms vagues, souvent empruntés à d’autres cultes, à ces éclats de visibilité divine qui les entouraient.

Or cela, saint Paul l’a bien senti qui accordait aux païens d’être parvenus, en tâtonnant, mais sans erreur majeure, à la porte de la foi. Les Pères ont nommé cette démarche naturelle la præparatio philo­sophica, la « préparation à la foi par la sagesse », mais cette sagesse était tout imprégnée de religiosité.
Oui, l’oiseau parle de Dieu et saint François, en retour, parle à l’oiseau. Voici déjà qu’avec lui, nous commençons de voir, parce que le spectacle nous accueille chaque matin par la fenêtre. La moindre promenade peut devenir oraison, si nous apprenons à distinguer Celui qui a fait ce que nous voyons.

Voir autrui

Et parce que nous sommes créés, nous aussi, hommes et femmes, nous sommes miroirs de la divinité. Quiconque a aimé — et qui n’a pas aimé ? — a vu se déchirer une sorte de voile, et a été pris par l’extase d’une vision.
Apprendre à voir autrui, c’est donc reconnaître dans celui ou celle que j’aime un cadeau de Dieu. Et même dans mon propre corps, avec ses beautés et ses petites misères. Nous autres, fils et filles de l’Occident, avons appris avec la mentalité moderne cette chose monstrueuse qui consiste à instrumentaliser l’autre, à le réduire à un objet, à une chose, manipulable, utilisable. Mais la Bible nous rappelle que chaque rencontre humaine est une rencontre divine.
Les anges, en particulier, révèlent Dieu mais ont un visage d’homme. Angelos, en grec, ne signifie rien d’autre que « messager ». Lorsque Abraham accueille, à Mambré, les anges qui lui annoncent la fin de son infertilité, le texte dit : « les hommes », puis : « l’homme », puis : « le Seigneur ».

Je ne veux pas ici m’enferrer sur la question de la nature des anges, mais il semble bien que, dans l’hospitalité biblique, chaque homme, chaque femme, est accueilli comme un messager du Seigneur, comme un ange possible, comme un ange probable. L’honneur qui lui est rendu s’apparente à un rite religieux. Et le plus religieux de ces rites de l’accueil est celui du repas.
Apprendre à voir Dieu dans l’homme, consiste à apprendre à se laisser toucher, émou­voir, fasciner par toute rencontre humaine comme par une rencontre divine. À se répéter devant chaque homme la parole de Dieu sur le Christ : « En lui, j’ai mis tout mon amour. »
Non seulement parce que tout homme a été façonné par Dieu, mais parce qu’il est le Temple de Dieu. Le corps lui-même, affirme Paul, est Temple du Seigneur.

Mais ce qui est révélé dans la femme, l’homme, l’enfant que j’aime, est moins aisément dicible que le simple spectacle de la nature. L’acharnement des poètes de l’amour à dire, redire, redire encore l’objet de leur amour témoigne de la difficulté de savoir ce qu’il est. Certes, la splendeur des corps humains est comme la splendeur d’un corps animal ; le pelage du chevreuil est comme la peau d’une femme : miroir de la beauté de Dieu ; et plus encore les regards de l’un et de l’autre. Mais il y a plus de profondeur et de mystère dans l’amour. Le regard d’un chevreuil ne me trouble pas comme le regard d’une femme.
Dans l’amour, je pressens de la gravité, de la profondeur, de la joie mais aussi de l’amertume, presque de la douleur. L’amour crée le manque. Comme le désert, l’amour emplit d’une vision qui est une révélation, qui fascine, mais fascine comme en creux, comme en interrogation.
Il faut n’avoir pas aimé pour ne pas s’être heurté à l’énigme qui, dans l’élan vers le corps de l’autre, fait pressentir un au-delà, ou plutôt une intériorité ineffable qui n’est pas de notre vie mais qui est désormais notre vie.

L’amour humain est sacré parce qu’il manifeste le divin. Nous le savons bien ; il n’est pas besoin de l’expliquer ; quiconque en a fait l’expérience le sait. Mais l’amour et le désert ont en commun le silence, la dévaluation des mots. L’ado­lescent amoureux ne parle pas. La révélation de l’amour lui a appris qu’il est un espace que le discours n’atteint pas. La poésie peut-être, mais la vraie poésie est rare.
Dans le Cantique des Cantiques, la Bible nous offre des éléments de cette manifestation sacrée de l’amour humain. Le Cantique des Cantiques est précisément un poème ; mais la présence du sacré y est si évidente qu’il n’a pas paru nécessaire à l’auteur de nommer Dieu ni aux correcteurs de l’y rajouter. La comparaison ultime : « l’amour est aussi fort que le Shéol » — l’enfer, la mort — conclut cette apparition sans l’expliquer. Car l’explication est dangereuse : elle dessèche et peut déformer. Si l’amour ôte du miroir le voile du quotidien et de la banalité, l’explication, elle, veut aller derrière le miroir… En vain. Le Cantique laisse le lecteur devant une vision inexpliquée, une comparaison sans clé. Un silence.

De même Jésus n’explique-t-il pas toujours ce que les disciples ont vu. Ce qu’ils voient les fascine et les désarçonne, mais ils n’en ont pas la clé.
Jésus n’explique rien des trois théophanies, des trois manifestations de sa divinité, que rapporte l’Évangile : rien du Baptême, rien de la Transfiguration, rien de sa Passion. Il annonce sa propre mort, mais ce que les disciples voient : la tra­hison, le procès, le couronnement à la fois dérisoire et mystique, la croix, la tem­pête, rien de tout cela n’est expliqué.
Les disciples voient, mais que voient-ils ? Lorsque nous aimons, nous savons que nous voyons, mais que voyons-nous ? Les disciples et nous-mêmes sommes bouleversés, mais par quoi ? Nous allons approfondir cette question.

Le miroir de l’art

Un des moyens de la manifestation de la splendeur humaine est l’art. Non pas parce que l’art représente l’homme extérieurement — cela n’est vrai ni de la peinture abstraite, ni de la musique, ni de l’architecture —, mais parce qu’il mani­feste l’intériorité de l’homme. L’art n’est pas un discours sur l’homme. L’art qui veut discourir se périme lui-même ; les périodes creuses de l’histoire de l’art sont des périodes d’art bavard, d’art esclave du discours, pour ainsi dire étranger à lui-même. La chose est vraie spécialement pour l’art sacré. L’art chrétien intellectuel et froid du XIXe siècle, cet art chargé de discours, de règles, d’obligations, manifeste d’autant moins qu’il discourt plus. Quelle est sa faiblesse quand on le compare à l’art naïf des hautes époques, à l’art volontiers facétieux, expressif ou réaliste du moyen âge, à l’art « sauvage » de notre époque !
Mais nous ne sommes sortis des pièges de cet art bavard qu’en apprenant, par l’abstraction et le surréalisme, c’est-à-dire par l’énigme, l’énigme manifeste, à rouvrir les yeux.

Tout art est sacré en ceci que tout art est une expression du mystère de l’artiste et de ce qu’il aime, une manifestation, et même une transfiguration du réel. C’est là le cœur de la démarche du père Couturier et de la revue L’art sacré : commander à des artistes qui ne se disent pas toujours chrétiens, parce que leur art est, avec ou sans discours, une manifestation du mystère sacré de l’homme, créature de Dieu : Matisse, Manessier, Léger, Le Corbusier. Et il ne fait pas de doute que chez un Matisse, pour ne citer que lui, la perception de la dimension sacrée de sa propre œuvre a émergé dans sa tentative d’exprimer, avec ses moyens particuliers, le mystère chrétien.
Mais dans cette aventure de L’art sacré, les réactions furent vives parce qu’il fallait rouvrir les yeux, rééduquer le regard, faire tomber les écailles du réalisme plat — du réalisme faux — de l’imagerie pieuse. Comme si l’art, libéré, rendu à lui-même, à sa sauvagerie native, faisait peur. Le même désarroi fascinant qui nous a saisis au désert et dans l’amour nous surprend devant les floraisons joyeuses et les graffiti tragiques de la chapelle de Vence, devant le Christ barbare de Germaine Richier, devant les rivages primitifs de Manessier.

Voir n’est pas expliquer

La Création, l’homme et l’art sont miroirs de Dieu. Ils ne cessent de montrer. Il n’est pas une chose de ce monde qui, si faiblement que ce soit, n’indique Dieu. Le problème n’est donc pas l’absence de choses à voir.
Le problème est dans notre regard, d’une part, et d’autre part dans ce qui est donné à voir : qu’est-ce que c’est ?
Le problème est dans notre regard. Si Jésus ouvre autant d’yeux, c’est que les regards sont fermés.

Jésus, lui, voit. À Simon le pharisien qui lui demande, désignant la pécheresse en pleurs : « Sais-tu qui elle est ? », Jésus répond qu’il le sait, alors qu’elle n’a pas parlé. Et il ajoute, montrant qu’il sait mieux, plus et plus profond que Simon le pharisien : « Tu vois cette femme ? Il lui sera beaucoup pardonné, car elle a beaucoup aimé. »
Lorsque Nathanaël, surpris d’entendre Jésus lui dire qui il est, alors qu’il ne le connaît pas, Jésus répond : « Je t’ai vu sous le figuier ».
Lorsque le jeune homme riche a fini de parler, l’évangéliste dit : « Jésus posa son regard sur lui et l’aima. »

Le regard donne une connaissance que la parole n’atteint pas.
Le regard, qui est silencieux, va au-delà de la parole. Mais les disciples et les auditeurs ne voient pas. Ils ont beau assister aux miracles, ces manifestations visibles, ils ne voient pas. C’est au terme des miracles les plus éclatants que les foules demandent encore un signe, que Jésus leur refuse ou plutôt, renvoie énigmatiquement à la Croix : « Vous n’aurez pas d’autre signe que le signe de Jonas. » Les foules ont vu, mais sans voir, comme Jésus lui-même le dit dans l’Évangile de saint Luc.

Mais rien ne dit que les disciples ont mieux vu que les foules. Lorsque Jésus dit : « Il y a plus ici que Jonas », c’est de lui-même qu’il parle. Mais les disciples ne voient pas.
Car Jésus n’explique pas.
Il n’explique pas plus au moment de la Résurrection. Au jardin, Marie-Madeleine voyait sans voir, puis elle reconnaît Jésus. Mais Jésus, qui l’a appelée, puis repoussée, puis envoyée en mission, ne lui a rien expliqué.

Peu après, les disciples d’Emmaüs voient Jésus sans le voir. Ils ne le reconnaissent pas. Jésus pourtant leur explique : « il leur dit tout ce qui, dans les Écritures, avait trait à lui » ; or ils ne le voient toujours pas. L’explication n’ouvre pas les yeux. La parole et le regard ne sont pas la même chose. Ce n’est que par un signe dont le sens n’est pas évident – Jésus rompt le pain et bénit – que les regards s’ouvrent.

Trois manifestations

J’ai parlé du désarroi qui, en même temps que la fascination, saisit celui qui regarde la Création, qui rencontre l’art, qui aime. Le désarroi de ne savoir dire, qualifier, mettre en paroles cette révélation. S’il cherche une réponse, il est déçu : il n’a qu’une interrogation. Mais il sait, avec certitude, que sa vie et son cœur sont dans cette interrogation.
Car la Création, l’amour et la beauté ne sont pas une réponse. Ils ne sont que des miroirs. Des indices, des index, qui indiquent, qui renvoient.
Cependant ces indices ne sont pas obscurs. Ils sont même évidents ; nos yeux vont et viennent sans voir, mais ils voient !

Reprenons les trois théophanies, les trois grandes manifestations de la divi­nité de Jésus, et regardons.

Au Baptême de Jésus, le ciel s’ouvre et la voix du Père prononce : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour. » C’est assez dire qu’il y avait quelque chose à voir dans le Baptême, épisode étrange dont Jean le Baptiste lui-même ne comprend pas le sens, puisqu’il ne veut pas baptiser Jésus.
Mais que voyons-nous ? Que Jésus descend dans l’eau du Jourdain. Il imite le peuple d’Israël qui, franchissant cette eau qui faisait mémoire de la mer passée quarante ans plus tôt, célébrait à la sortie du désert son passage de la mort à la vie. Jésus prophétise ainsi sa mort et sa résurrection, ce que saint Jean nomme en bloc, indissociablement, « la gloire » du Seigneur. Et en effet, une « gloire » advient par la bouche du Père.

Chacune des deux autres théophanies, la Transfiguration et la Passion, est une même manifestation de gloire, marquée par la mort et la résurrection. Sur la montagne, Jésus est manifesté en gloire, mais avant et après, il annonce aux disciples sa mort. Sur la Croix, Jésus meurt, mais les cieux s’ouvrent, le rideau du Temple se déchire, les morts sortent de leur tombeau, Pilate même, prophète inconscient, a fait écrire sur la croix, en trois langues, « Jésus de Nazareth, roi des Juifs ».
Ce qu’il faut voir, ce que les disciples, Jean le Baptiste, Pilate même voient sans le voir, ce qui est évident mais que nos yeux refusent, c’est l’énigme fascinante et terrible de la mort et de la vie, de la mort et de la résurrection.
Et ce que Marie-Madeleine voit, ce n’est pas le Christ mort qu’elle est venue voir ; ce n’est pas le Christ d’avant la mort que, sans nul doute, elle regrette et désire ; c’est le Christ mort et vivant. C’est ce nœud de vie et de mort, de mort et de vie, indissociables et glorieux, qui est le cœur du message chrétien, qui est le passage, la Pâque par lequel notre intelligence et notre sensibilité doivent passer si nous voulons nous dire chrétiens.

La Création ne montre pas que la vie. Elle montre la vie et la mort. L’arbre vit et meurt. La fleur aussi, d’une vie plus éclatante, d’une mort plus rapide. L’ani­mal vit et meurt, dévore l’autre animal, est dévoré. La gloire de la création est un drame de vie et de mort.
L’art ne montre pas que la vie. L’art pleure et chante, célèbre et crie. Des chasses préhistoriques dans les grottes de la vallée des Eyzies-de-Tayac aux tableaux de Pollock ou du Caravage, une onde de violence traverse toute repré­sentation peinte, et cependant la promesse de l’immortalité n’est pas absente du plus sombre des tableaux. La chair défaite de saint Jérôme côtoie la pourpre de son habit cardinalice.
La beauté n’est pas le plaisir ; elle est plus grave que le plaisir, parce qu’elle a saisi la mort en même temps que la vie ; elle est plus élevée que le plaisir, parce qu’elle est saisie par la vie jusque dans la mort.

L’amour enfin ne montre pas que la vie. Celui qui aime connaît dès les premiers instants la douleur de l’absence, la frustration de l’insatisfaction, la griffe du fan­tasme, figures de l’impossibilité et de la mort. « L’amour », dit le Cantique des Cantiques, « est aussi fort que le Shéol ». Étonnante comparaison, quand la question initiale du poème était précisément : « À quoi te comparerais-je, ma Bien Aimée ? »
Le secret du regard ouvert serait-il donc qu’il ne s’ouvrirait que sur le malheur, ou sur l’impossibilité du bonheur entier ?

Le secret de l’amour
Mais ce n’est pas vrai. L’amour est heureux. Il est à la fois tragique et heu­reux.
C’est un secret, non pas au sens où Dieu l’aurait dissimulé, mais au sens où, même en le vivant, nous avons du mal à l’exprimer. Et le prédicateur n’a pas plus d’habileté. Le mystère chrétien est cette énigme que nous vivons sans pouvoir la dire, ou plutôt, sans pouvoir entièrement la dire ; cette expérience dicible et indicible à la fois.
L’amour est tragique et heureux.

La vie est tragique, parce qu’elle comprend la mort. Mais elle n’est pas mal­heureuse. Elle est, dans sa tragédie, d’une indicible beauté. Elle est forte, super­be, âpre et heureuse. Voir la vérité de la vie, qui comprend la mort, demande de la force. De la virilité même, au sens où sainte Thérèse d’Avila demandait à ses filles, elles qui voulaient faire de leurs vies une contemplation, d’être « viriles ». Celui qui voit combat.
Celui qui voit la gloire ne se repose pas, mais se lève. Celui qui voit est lui-même plongé dans le drame, est lui-même saisi par la gloire. Il sait qu’il mourra, il sait qu’il meurt, il sait qu’il vivra au-delà de la mort.

Celui à qui le Seigneur ouvre les yeux voit la mort et la résurrection, sa mort et sa résurrection. Ensemble. Il voit la gloire du monde et sa propre gloire. Cette beauté glorieuse que le temps et le destin dévorent, et qui sera victorieuse.
Terrible révélation que celle qui, en manifestant que le monde et l’homme sont le Temple de Dieu, révèle la vie, la mort et la vie, révèle l’authentique nature de la gloire. Mais n’était-il pas dit du Temple, dès l’Ancien Testament, « ce lieu est terrible » ? Nous le savions depuis toujours…

Le bonheur que donne la vision de la gloire est au-delà de la satisfaction animale, du confort béat, de l’absence de souci que, par paresse, nous appelons banalement « bonheur ».
Le bonheur est au-delà de ce jouir que les philo­sophes du XVIIIe siècle ont nommé « bonheur », mais dont ils n’ont pas trouvé le secret parce qu’ils n’en ont jamais admis la condition mortelle, et même l’essence mortelle. Il fallait qu’ils affrontassent, eux et leurs héritiers les idéologues des deux siècles suivants, la vision de la mort que le plus simple des bouquets de fleurs contient. Ils ne l’ont pas voulu. Ils ne voyaient pas.
Pour soutenir la gloire, pour soutenir le spectacle du monde mort et ressuscité en même temps que le Christ est mort est ressuscité et que nous-mêmes sommes morts et ressuscités, dans le même drame de la Passion, il faut que la foi tienne les yeux ouverts. Il faut la foi de saint Jean et de la Vierge.

La foi n’est pas l’acceptation de l’aveuglement, si admirable soit-elle. La foi est l’acceptation de la vision. La gloire chrétienne est tragique et magnifique.
La foi passe par le silence parce qu’au-delà des mots, qui parlent de la vie, il y a le silence, qui est la parole de la mort, puis la résurrection, qui est vie par la mort, qui est silence et parole, qui est le Verbe.
Nous le pressentons tous et nous l’avons toujours pressenti, depuis nos premiers pas dans la Création, depuis notre première rencontre de la beauté, depuis notre pre­mier amour.

Ouvre-toi !
Mais les guérisons des aveugles nous avaient avertis : nul ne peut ouvrir les yeux si Jésus ne les lui ouvre.
Apprendre à voir est se livrer à la grâce. Il est regrettable que peu de bap­têmes, aujourd’hui, ne laissent place au rite de l’Effata, « Ouvre-toi », au cours duquel le prêtre ouvre les yeux et les oreilles de l’enfant à la grâce du baptême. C’est là montrer quel est le lien entre le regard et la grâce.
Apprendre à voir est demander au Christ de voir en nous. A Zachée qui veut le voir, Jésus répond : « Descends, que j’aille demeurer chez toi ». Lors du baptême, le Christ descend en nous, vient demeurer en nous.
Celui qui veut voir ne peut voir que si le Christ lui apprend, par ses yeux et dans sa chair, ce qu’est la gloire, qui est mort et vie. Et cette gloire rend heureux.
Le bonheur, que nous voulons voir, est la gloire de Dieu, et la gloire de Dieu est mort et résurrection. Les indices surabondent à chaque instant de notre vie, si Dieu nous ouvre les yeux.

Nous voulions voir Dieu.

C’était une prière dangereuse. Mais Israël l’avait répétée avant nous.
Nous l’avons vu. Sur la Croix, et dans toutes les figures de sa gloire, les naissances et les morts, les retours et les arrachements, l’extase de l’art et l’éblouis­sement de l’amour. Nous l’avons vu, nous le voyons encore, nous ne cessons de le voir, mais nos yeux l’ont-ils reconnu ?

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Catégories : Formation

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CHEMINS DE CAREME: Montons vers Jérusalem
21
02
2007
la Parole de Dieu

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne. Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange. (Psaume 50)

pour méditer

C’est aujourd’hui le début du Carême. Un Carême de plus ? Un Carême pour quoi ? Le Carême, c’est un temps de quarante jours, un temps privilégié qui m’est proposé pour prendre du recul et examiner ma vie quotidienne, afin de remettre au centre ce qui est le plus important. Un temps pour repérer ce qui me préoccupe plus que nécessaire et m’encombre, pour élaguer et renoncer à tout ce qui m’empêche de consacrer du temps à ceux que j’aime. Un temps pour faire retour vers l’essentiel. Un temps pour me redire ce qui fait le sens de ma vie. Un temps pour me mettre à l’écoute des autres et de Dieu. Le Carême, c’est un temps pour me préparer à la grande fête de Pâques, la célébration de la résurrection de Jésus-Christ, vivant, présent et agissant aujourd’hui en ce monde. Celui qui prie les psaumes, ces très anciennes prières que les chrétiens ont reçues du peuple juif, se tourne vers Dieu et lui demande : « Rends-moi la joie d’être sauvé » (Livre des Psaumes, psaume 50). Jésus-Christ sauve les hommes qui se tournent vers lui, il ouvre un chemin, il donne une espérance. Et pour celui qui emprunte ce chemin, c’est une très grande joie. « Rends-moi la joie d’être sauvé » : c’est le thème de Retraite dans la Ville, cette année. Nous allons passer ce temps ensemble. Sept prédicateurs, frères et sœurs dominicains, vont nous accompagner, tous les jours, sur notre chemin spirituel – nous prenant comme nous sommes, là où nous en sommes, pour nous aider à faire un bout de chemin. Chaque dimanche, l’un d’entre eux va nous partager ce qui le fait vivre et nous découvrir un peu de cette joie qui l’habite. Puis, chaque jour de la semaine qui suit, ils vont nous proposer de méditer ensemble un court passage de la Bible, afin d’entrer en contact avec la Parole de Dieu.

pour prier

Tu me connais mieux que moi-même et je sais que tu m’aimes, bien que je l’oublie souvent. Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Soutiens-moi pendant ces quarante jours. Donne-moi la force et le courage de me tourner vers toi. Rends-moi, au jour de Pâques, la joie d’être sauvé.

Homélie de la messe du 7 décembre:2èd. Avent

Créé par le 10 déc 2008 | Dans : LES HOMELIES

Les homélies
Homélie de la messe à l’église Saint-Germain-l’Auxerrois

Date : 07/12/2008Date liturgique : 2eme dimanche de l’Avent

En ce début décembre, avec l’approche de l’hiver, certains pensent déjà à la neige, et peut-être… au ski ! J’ai demandé hier à un enfant s’il connaissait, en matière de ski, ce qu’on appelle une « conversion ». La réponse a été limpide : les deux skis doivent être bien perpendiculaires à la pente, puis en s’appuyant sur un seul pied, tu lèves l’autre pied et le ski avec, tu fais pivoter le tout à 90 degrés, puis tu ramène prudemment le deuxième pied – et son ski avec ! – parallèle au premier. Une conversion, cela sert à changer de sens !

L’exemple du ski nous aide à comprendre le texte d’Évangile de ce matin. L’histoire qui est racontée là se passe loin de la neige, dans le désert. Nous y trouvons un certain Jean, dont la tâche consiste à plonger les personnes dans l’eau, à les baptiser, et c’est pour cela qu’on le nomme Jean le Baptiste. Ce Jean qui baptise demande à ceux qui l’écoutent une conversion, c’est-à-dire un changement de sens dans leur vie. C’est plus difficile de changer le sens de sa vie – de ne plus voler, de ne pas abuser de sa force, d’avoir soin du plus faible – que de simplement changer le sens de son corps dans la montagne !

Je me suis demandé pourquoi Jean Baptiste était dans le désert. Pour être écouté, ne vaudrait-il pas mieux se poster aux carrefours des grandes villes ? Mais le désert, c’est cet endroit où l’eau manque et lorsqu’on la trouve elle est tellement désirable ! Mais le désert, c’est l’endroit où l’être humain doit se dépouiller de tout ce qui n’est pas l’essentiel. Dans l’immensité et le silence, il devient comme une eau qui décante ; les poussières accumulées tombent au fond, l’eau par-dessus est plus limpide…

Allez ! Imaginez que vous y êtes : le désert, un maigre filet d’eau pour le baptême, Jean vêtu étrangement d’un manteau en poils de chameau…Eh bien ! La soif, soif d’un changement et d’un renouvellement doit toucher bien du monde puisque notre texte d’Évangile nous rapporte : « Toute la Judée, tout Jérusalem venait à Jean et tous se faisaient baptiser en reconnaissant leurs péchés ».

Ceux qui ont soif de renouvellement vont être servis ! Jean le Baptiste voit venir à lui des personnes en quête de changement, mais il ne les garde pas pour lui. « Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi » annonce-t-il ! Il désigne évidemment Jésus. Je repense à une peinture admirable qu’on nomme le retable d’Issenheim, à Colmar, où l’artiste représente Jésus sur la croix et à ses pieds Jean le Baptiste, le doigt pointé vers le Christ, disant : « Il convient que lui grandisse et que moi je m’efface ». Jean attire mais ne bouche pas l’horizon. Jean désigne le seul qui est un chemin, Jésus de Nazareth.

Grande nouveauté encore ! Jean le Baptiste annonce : « Moi je vous ai baptisé dans l’eau. Lui, Jésus, il vous baptisera dans l’Esprit Saint ! ». Le geste premier du baptême consistait à être plongé sous l’eau et à en être ressorti, par trois fois. Immergé sous l’eau, tu meurs ! Sorti de l’eau c’est comme une nouvelle naissance ! L’eau ne signifie pas seulement le nettoyage, la purification, mais la mort et la vie ! J’aime bien ces mots de l’apôtre Pierre qui écrit dans sa première lettre : « Le baptême n’est pas la purification des souillures du corps, mais l’engagement envers Dieu d’une bonne conscience ». Notre baptême, ce n’est pas un coup de magie pour vous rendre parfaits, c’est se plonger dans le désir d’être chaque jour attentif à l’Esprit de Dieu pour mettre ses pas dans les pas de Jésus.

Et maintenant, pour chacune et chacun d’entre nous, ceux qui sont baptisés comme ceux qui s’y préparent, puisque le baptême c’est être plongé dans la vie de Jésus et recevoir son Esprit, comment être fidèle à cet engagement ? Voici quatre étapes, comme quatre marches d’un escalier :

Première marche : accueille l’amour gratuit de Dieu. C’est parfois plus difficile qu’on le croie. Quand bien même tu juges que tout en toi n’est pas toujours aimable, rappelles-toi que par le baptême Dieu a dit à chacune et à chacun : « toi, tu es mon enfant bien aimé ».

Deuxième marche : laisse-toi guider par l’Esprit de Dieu. Ce n’est pas difficile à comprendre : pour ceux qui manipulent la souris de l’ordinateur, il s’agit en quelque sorte de « cliquer ouvert » dans sa vie ! Le cœur, le regard, l’intelligence ouverts aux autres car l’Esprit de Dieu est répandu en tout être vivant et Dieu peut te faire signe par n’importe lequel de ceux que tu croises.

Troisième marche : laisses-toi conseiller par la Parole de Dieu. Cette Bible que toute ta vie tu peux découvrir et approfondir pas à pas, elle est un guide extraordinaire pour la randonnée de la vie. Elle fourmille d’indications pratiques qui te sortent du ronronnement d’un vague sentiment religieux et te redressent pour vivre debout avec les frères, en apprenant à pardonner, à servir, à encourager, à partager.

Quatrième marche : participes à la messe avec les autres, car tu ne feras pas longtemps tourner le moteur de ton baptême si tu ne recharges pas les batteries. L’eucharistie, c’est ta prière avec les prières des autres, ta présence au milieu de la présence des autres, ta foi renforcée par la foi des autres, ta parole et la parole des autres et la Parole de Dieu qui ne prend tout son sens qu’avec la communauté.

Quatre marches, ce n’est pas insurmontable, surtout si l’on s’entraide. Quatre marches, afin d’apprendre à ne plus dire : « J’ai été baptisé… c’était en telle année… je peux vous montrer la photo… ». Mais pour apprendre à dire : « je suis un baptisé… je m’efforce de vivre comme un baptisé… un enfant de Dieu… ». Le baptême n’exprime pas seulement un moment, mais une manière d’être. Il ne désigne pas seulement un groupe chrétien dans lequel on est entré, mais le désir de suivre quelqu’un, Jésus le Christ.

Bonne montée !

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